Affichage des articles dont le libellé est Prends garde à la douceur des choses. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Prends garde à la douceur des choses. Afficher tous les articles

jeudi 4 juin 2009

Oh les beaux jours

Avec l'âge, je deviens philosophe. J'ai appris qu'en Bretagne, quand le beau temps est là, il convient d'en profiter, et vite. Hier matin, BrB m'a fait remarquer que le week-end prochain s'annonçait pluvieux avec une baisse de température avoisinant les 10°. J'ai observé le ciel, bleu, sans un nuage, tâté l'air (24° !) et appliqué sur le champ le vieil adage selon lequel ce qui est pris n'est plus à prendre. Notre "fille allemande" venait juste d'arriver de sa Bavière natale pour passer quelques jours avec nous, et ses yeux ont brillé quand je lui ai exposé notre plan. Nous avons tout lâché, enfilé nos maillots, mis nos serviettes dans le capazo (un de mes lecteurs au moins comprendra) et mis cap vers la mer. Entre Saint-Malo et Cancale, à une encablure de Saint-Coulomb, se niche une plage de rêve. On se croirait en Méditerranée, n'était la température de l'eau. Même si nous sommes sur la Côte d'Emeraude, la Manche y est turquoise (et je ne "galège" pas), le sable blanc ... c'est magnifique ! Comme je suis partageuse, je vous livre mon coin secret (c'est comme pour les champignons, les belles plages, on se les garde...), ça s'appelle La Guimorais. Nous étions mercredi et quelques parents avaient dû poser une RTT pour profiter de l'aubaine. De très jeunes enfants plongeaient et replongeaient en riant aux éclats, à cet âge, ils n'ont jamais froid. Les adultes étaient moins hardis sauf quelques mamies qui faisaient trempette, c'est bon pour la circulation. Lena et moi sommes rentrées dans l'eau jusqu'à la taille mais pas au-dessus, n'exagérons pas. Puis elle s'est barbouillée d'écran (presque) total, moi d'accélérateur de bronzage (sinon j'ai l'air d'une endive quand j'arrive dans le Midi) et nous n'avons plus rien fait pendant deux heures trente. Divin ! Enfin, si, j'ai fait un tiers du mots-croisés du Télérama de la semaine puis je me suis assoupie. Je ne sais pas pour vous, mais pour moi, les sommes sur la plage sont les meilleurs de tous. Après, j'ai lu quelques pages des Poneys sauvages de Michel Déon, que je relis une fois tous les dix ans. En levant le nez de mon bouquin, j'ai regardé la mer azuréenne, je me suis cru un instant à Spetsai dans les îles Saroniques, mais non, j'étais juste à une heure de Rennes, un 3 juin.

mercredi 27 mai 2009

Andalucia mia

Lire de l'espagnol grâce à elle, m'a donné envie de redonner vie à ce billet que j'avais écrit en vacances pendant l'été 2004. Le voici.
Me voici en Andalousie, terre de mes ancêtres. Des copains nous ont prêté leur petite maison située sur le Golfe d’Almeria entre Aguilas et Garrucha. En Espagne, je retrouve des sensations que je croyais avoir perdues. D’abord le temps. Ah ne pas se lever le main en se demandant quel temps il fait ! C’est simple, il fait toujours beau. Tempête de ciel bleu, comme dit mon fils. Seule variante, le vent. Un coup d’œil sur le drapeau, vert ou jaune, et on sait. Et l’eau ! 26 à 28° en permanence. Pas d’hésitation, on plonge avec délice sitôt arrivés sur la plage. Je reste des heures dedans, je fais la planche, mes oreilles captant les clapotis du léger ressac, divin ! Comme je le dis à mes enfants : « vous comprenez maintenant pourquoi je ne me baigne jamais à Saint-Malo ». Une eau à 15°, très peu pour moi. Et puis, je ne me suis jamais vraiment habituée aux marées. Pour moi, la mer doit être là, toujours recommencée, comme dit si bien Paul Valéry. Et la plage ? Alors que partout ailleurs, je m’y ennuie au bout d’un moment, ici je resterais des heures. J’aime particulièrement quand le soleil est à son couchant. Il n’est pas trop chaud mais réchauffe encore, j’adore cette sensation sur ma peau. Ici, je retrouve mes réflexes de petite fille : aller rincer mon maillot dans l’eau, jouer avec des bâtons et des coquillages au tres en raya, ce jeu de plage auquel j’ai initié les enfants.
J’ai aussi fait provision de ces magazines people dont raffolent les espagnols, qui les ont découverts bien avant nous en France. Je n’ai pas trouvé « Ola ! » alors j’ai pris « Semana ». On y trouve toujours des nouvelles de la famille royale, quelques ragots sur des chanteuses, danseuses de flamenco ou toreros célèbres ici mais que je ne connais ni d’Ève ni d’Adam et toujours, depuis vingt ans que je les li
s, des nouvelles des Monaco. Je suis toujours étonnée par la fascination qu’exercent Carolina y Estefania sur la ménagère espagnole de moins de cinquante ans.
Et les villages ! Ah l’odeur des marchés, les morcillos et les chorizos pendus aux crochets des étals, le porc frais mariné, si cher à mon abuelita, le bric-à-brac de mauvais goût, les bondieuseries accrochées au rétro des camions… Les pipas qui craquent sous la dent et laissent un goût de sel sur la langue, les rolliquos à l’anis et les churros gorgés d’huile. Et les maisons cuites et recuites à la chaux, avec des barreaux en fer forgé à leurs fenêtres, leurs portes aux rideaux faits de bouchons ou de capsules métalliques qui cliquettent quand on les pousse. Sans parler de ces belles demeures mystérieuses dont on devine qu’elles recèlent un patio, havre de fraîcheur, avec sa fontaine en azulejos et ses lauriers roses en pot de terre cuite. Si j’avais des sous, c’est là que j’aimerais avoir une maison. Toute blanche, au détour d’une ruelle en pente, dans un de ces villages blancs écrasés de soleil...

lundi 18 mai 2009

Que le temps passe vite, Madame

Ma petite poupée blonde, ma petite princesse petit pois aura 18 ans dans trois mois et j'ai du mal à la voir grandir. Ce n'est plus une petite fille zozotante et pleine de magination (sic) ni une ado facétieuse (quoique elle adore encore faire des blagues à son beau-père), c'est presque une femme à présent, qui s'affirme, qui doute, qui a besoin de sa maman et qui voudrait bien faire sans. C'est surtout physiquement que le changement me saute aux yeux. On la disait jolie et voici qu'elle est belle, comme dans la chanson de Reggiani. Déjà, il y a un an, quand elle s'était préparée pour aller au bal du lycée avec notre "fille allemande" Lena, j'avais eu un choc. Ce sont toutes deux des filles très "nature" qui se maquillent peu, ont un style vestimentaire bien à elles, fait de décontraction et de fantaisie et là, en robes noires, cheveux relevés et yeux fardés, j'avais du mal à les reconnaître. En ce moment, Zuzu passe des entretiens pour essayer d'intégrer à la rentrée prochaine un lycée hôtelier. Sa garde-robe n'incluant pas de tailleur jupe ou pantalon, il a fallu investir. Il fallait des vêtements dans lesquels elle se sente suffisamment à l'aise dans un moment déjà stressant, et de bonne qualité, sans grever mon budget de mère nouvellement chômeuse. Finalement, elle a opté pour un pantalon noir basique et pas cher, un petit haut décolleté noir à pois blancs qu'elle pouvait alterner avec un de mes chemisiers blancs quand la météo s'en mêlait, et une veste en lin noir de bonne coupe qui, à elle seule, valait autant que le reste. Le premier jour où elle a étrenné sa "tenue d'entretien" pour aller à Dinard, j'ai eu un second choc. Perchée sur des talons de huit centimètres, tirée à quatre épingles, elle me toisait et, n'était l'angoisse qui se lisait dans ses yeux, elle m'aurait impressionnée. Heureusement, elle s'est détendue devant le jury et tout s'est bien passé. Bien sûr, je suis une mère, donc forcément pas objective et sur 450 candidats, seuls 35 seront retenus mais ... j'y crois. Demain, je l'accompagne à Paris, cette fois. Même tenue avec peut-être des talons plats parce qu'on va marcher. Nous voulions en profiter pour voir Kandinsky à Beaubourg ou Warhol au Grand Palais mais pas de chance, elle est convoquée un ... mardi. On va se "rabattre" sur le musée d'art moderne. Ensuite, pendant que Zuzu se fera "cuisiner" (c'est le cas de le dire) par son jury, j'irai voir une copine journaliste qui a deux filles de 20 et 21 ans. On pourra partager les affres de mamans de jeunes-filles-qui-ont-grandi-trop vite-et-à-notre-insu...

samedi 18 avril 2009

Cueillez, cueillez votre jeunesse

Nous rentrons de trois jours de villégiature (j'adore ce mot délicieusement désuet) dans un hôtel de charme du Finistère Nord où nous aimons séjourner. En temps normal, la quiétude du lieu, la beauté de la vue depuis la terrasse de notre chambre, la piscine couverte à 28° toute l'année, l'excellence des dîners, simples et uniquement à base de produits bios, suffisent à notre bonheur. Mais là, histoire sans doute de drainer une nouvelle clientèle encore plus hédoniste, un forfait était proposé comprenant deux soins au choix. J'optai donc pour le "détente extrême" (déjà pour le nom) et j'eus droit à un quart d'heure de bains bouillonnants à l'huile essentielle puis vingt minutes d'enveloppements d'algues avant de me confier aux mains expertes d'Angélica pour un massage du dos. Conséquence d'une tendinite à l'épaule due à une mauvaise position devant mon nordi et à une divergence d'intérêt entre ma souris et moi, je souffrais en silence, quand ma jeune masseuse me fit remarquer que j'étais tendue au niveau des trapèzes. Je confirmai que c'était en effet douloureux mais mue j'imagine, par un fond de mauvaise conscience judéo-chrétienne, je voulus lui manifester un peu d'empathie et lui demandai si le mal de dos n'était pas un problème dans son métier. "Oh si, me répond-elle du tac au tac, c'est un travail très physique, et je ne me vois pas du tout le faire à 40 ou 50 ans, c'est trop vieux ! Adieu huiles essentielles, adieu algues salvatrices, adieu palpés-roulés... Ô vraiment marâtre nature !

vendredi 23 janvier 2009

A toute vapeur

Hammam. n. m. 1859 ; mot arabo-turc : "bain chaud". C'est drôle comme l'étymologie éclaire les mots de façon simple et les limite à l'essentiel. Mes premiers souvenirs de hammam remontent aux années 80. Le dimanche matin, je rejoignais ma cousine et nos copines au Hammam de la Mosquée, pas n'importe laquelle, la Grande Mosquée de Paris dans le Vè. Là, dans une atmosphère de gynécée, voire de harem mais sans eunuques, nous nous faisions étriller par d'accortes matrones au gant de crin. Elles nous laissaient pantelantes et rouges comme des écrevisses sur nos nattes, où, enveloppées dans nos serviettes blanches, nous papotions en sirotant du thé à la menthe. Je sais, c'est un peu cliché mais c'est la stricte vérité. J'ai le souvenir que ça piaillait là-dedans, un vrai poulailler ! Les unes se desquamaient à la pierre ponce, d'autres se badigeonnaient d'huile d'argan ou d'argile, certaines se faisaient même des couleurs au henné. Je n'ai jamais retrouvé cette ambiance ailleurs - des mosquées en Bretagne, ça ne court pas les rues - et les hammams que j'ai connus depuis sont aseptisés, le plus souvent associés à un sauna dans un centre de beauté. Rien à voir. Lors de notre randonnée au Maroc, j'avais lu sur la brochure que nous serions logés chez l'habitant avec tous les soirs possibilité de "faire un hammam", terme bien impropre, sans jeu de mots. En fait, j'allais découvrir une troisième version du hammam, sans doute la plus authentique et assez proche des nos anciens bains publics. Le hammam, situé à l'extrémité de la maison, se compose de deux minuscules pièces. Dans la première, où il fait à peine 12°, on se dépêche d'ôter ses vêtements. Puis, on entre dans la deuxième, entièrement carrelée de zellige. Le long du mur du fond, une sorte d'abreuvoir est rempli d'une eau chauffée par un feu de bois sous la maison dont les hommes entretiennent constamment les braises. A côté, un seau dans lequel on met l'eau chaude en faisant attention à ne pas se brûler, puis l'eau glacée qui coule d'un robinet jusqu'à atteindre la température idéale. Aussi efficace que n'importe quel mitigeur ! Il ne reste plus qu'à se verser de l'eau sur le corps, se savonner de la tête au pied au savon noir, et procéder de même pour le rinçage. Évidemment, la vapeur dégagée par la cuve d'eau bouillante assomme un peu mais après une journée passée à crapahuter, cela semble le summum du réconfort. Avec pour moi, un parfum d'enfance, celui de maman me versant sur les cheveux une casserole d'eau chaude. J'en ressens encore les picotements dans la nuque. Di-vin.

vendredi 21 novembre 2008

Ballade en Novembre

Aujourd'hui, j'ai décidé de faire l'apologie du mois de novembre. C'est vrai, je trouve qu'on est injuste avec lui. Il n'est que de lire les blogs en ce moment pour constater que c'est la déprime générale. Alors, bien que le temps dehors soit aussi gris que le pull que je porte, j'ai décidé de faire un billet résolument optimiste. Et voici 11 raisons de l'être :
  1. J'écoute "The time of innocence" de Simon et Gargunkel, ces vieux potes babas de mon adolescence. C'est ma Zuzu qui a fait la play-list sur mon nordi cet après-midi.
  2. Hier pendant ma pause-repas, j'ai acheté des pivoines, ma fleur préférée, et la fleuriste m'a donné un grand seau rempli d'eau pour que je puisse les garder fraîches jusqu'à mon retour à la maison.
  3. Pour leur tenir compagnie, j'ai cueilli l'unique rescapée de l'unique rosier de ma terrasse et elle sent bon, mais bon, ma petite rose de novembre...
  4. Pour nous remercier de notre enquête (voir ici), notre client à l'agence, nous a envoyé un énorme colis de produits et ce matin, je me suis enduit le corps d'huile d'Argan bio du Maroc.
  5. A propos du Maroc, j'ai convaincu BrB d'aller faire un trekking dans l'Atlas la semaine de Noël !
  6. Bien que je ne sois pas une militante, je suis contente que, quel que soit le résultat du vote, c'est une femme qui sera demain à la tête du PS.
  7. A propos d'élections, B. a enfin trouvé une date pour qu'on fasse un sort à la Veuve C. en l'honneur d'Obama.
  8. En cherchant un titre à ce billet, j'ai fait une recherche sur You Tube où jamais, ô grand jamais, je n'aurais pensé trouver la "Ballade en novembre" d'Anne Vanderlove que je dédie à Marie-Ange et à Lakevio.
  9. Maman vient passer huit jours avec nous dans une semaine et je suis tout excitée à l'idée de tout ce qu'on va faire ensemble.
  10. Bien qu'il ne fasse pas un temps à mettre un toutou dehors (et encore moins sa maîtresse) je vais me faire une douce violence et, d'ici une heure, aller promener Oratio le long de la Vilaine.
  11. Novembre c'est aussi le mois de plein de gens que j'aime. Alors bon anniversaire à mes nièces, Marie et Margot, à mon amie Sophie, et à mon peintre préféré qui aurait 110 ans aujourd'hui. Bon anniversaire, Monsieur Magritte !

vendredi 24 octobre 2008

Com sabor de vida

Très délicat de parler d'un sujet qui me tient tout particulièrement à coeur sans tomber dans les bons sentiments mâtinés d'un "regardez comme je suis bonne et généreuse". Pourtant, j'ai décidé de prendre ce risque. Aujourd'hui était un jour gris et solitaire et ce n'est pas la lecture des journaux ni des blogs qui avaient de quoi me rendre le sourire. Et puis voilà qu'au courrier, j'apprends que l'association dont je suis membre depuis presque 15 ans vient de mettre son site en ligne. Je m'y précipite et découvre une galerie de photos au milieu de laquelle je reconnais ma filleule, Helena, et son sourire éclatant que j'ai eu envie de vous faire partager. Helena est une petite fille Brésilienne de bientôt 11 ans, elle vit dans le Minas Gerais avec ses parents et sa soeur et sa scolarité est possible grâce à Esperanza. Elle m'écrit des lettres magnifiques et m'envoie de beaux dessins pleins de soleils, de fleurs et de papillons. Pourtant, sa vie n'est pas facile et, si jeune, les épreuves ne lui ont pas été épargnées. En mai, elle m'écrivait "Chère marraine, je t'écris une triste nouvelle. [...] mon petit frère vient de décéder suite à une maladie : l'hémophilie. Nous avions fait beaucoup de plans, surtout mes parents qui voulaient tellement un petit garçon..." Etonnant, cette maturité chez une enfant si petite, non ? Helena est ma troisième filleule. Avant elle, il y a eu Fabricio mais peu de temps car sa famille a quitté la région et encore avant, Marcio. Lui, je l'ai vu grandir au fil des années sur les photos que l'association m'envoyait tous les ans. D'un gamin timide et chétif de 9 ans, je l'ai vu se transformer en un beau jeune homme de 18 ans qui m'écrivait des messages d'amour. Nous nous sommes perdus de vue mais je sais qu'il a un métier et qu'il est devenu un homme bien, désireux d'aider les autres comme il avait été aidé. Je pense souvent à lui et je suis sûre qu'au-delà des continents et du temps qui passe, lui non plus n'a pas oublié sa marraine Française. Mais ce que je voulais dire avec ce billet, sans être sûre d'y être vraiment parvenue, c'est que plus que ce que nous apportons à ces enfants en soutenant leur scolarité, l'important c'est ce qu'eux ont à nous donner : une immense leçon de vie. Helena finit toutes ses lettres par "abraços et beijos com sabor de vida". Et c'est peut-être cela qui nous manque le plus dans nos vies privilégiées, se rappeler la saveur de la vie.

lundi 1 septembre 2008

My Blueberry Afternoon

Juste avant les vacances, j'ai fait la connaissance de Leslie. Elle m'avait donné rendez-vous à la terrasse du Haricot Rouge, me recommandant de garder une petite place pour leur excellent fondant au chocolat. Pour qu'elle me reconnaisse, je lui avais envoyé par mail une photo récente et, de mon côté, j'avais en tête la représentation qu'elle fait d'elle-même dans ses petits dessins. Elle m'a avoué s'être un peu méfiée, se demandant si j'étais bien ce que je prétendais être, une maman "blogueuse" (quel vilain mot, il faudrait trouver autre chose, non ?) qui avait l'âge d'être la sienne. Je suis d'ailleurs venue avec ma fille et elles se sont tout de suite bien entendues. Deux heures après, nous bavardions toutes les trois comme de vieilles copines... Vendredi après-midi, j'ai poussé la porte de ce qui sera bientôt le Café Clochette. J'ai rencontré Pascale, Miniloup et ... Clochette. Autour d'un excellent thé et de délicieuses tartelettes aux myrtilles et au citron, nous avons papoté gentiment. Au départ, nous avons évoqué ce qui nous avait poussées à tenter l'aventure du blog puis, de fil en aiguille, nous nous sommes raconté nos vies. C'est fou comme on devient vite intimes avec des personnes qui vous étaient il y a peu parfaitement inconnues et que nous n'aurions probablement jamais rencontrées autrement. Cette communauté virtuelle fait tomber les barrières de l'éloignement, de l'âge, du sexe, du milieu social. Tout ce qui nous cantonne d'habitude à des amitiés somme toute sans surprises. Peut-être parce que Miniloup me rappelait beaucoup un petit garçon blond aux yeux noirs que j'ai très bien connu, j'ai fait ce que je fais rarement, je me suis mise à parler à Pascale de mon fils, de son éloignement de moi, et de la peine que j'en ressens. Je m'en étonne encore ...

vendredi 27 juin 2008

Mein Liebe Lena

Mein Liebe Lena, tu es partie comme tu es venue, discrètement, tranquillement et pourtant ton empreinte est partout dans la maison. Où que nos yeux se posent, tu es là. Dans la digitale que tu as cueillie lors de ta dernière promenade avec Toutou, et qui relève crânement la tête au milieu des roses fanées. Dans la cuisine, où Lotte et moi n'avons pas le cœur de nous faire un thé car sans toi, il n'a plus de goût. Dans la carte du tableau de Geneviève Asse que tu m'as rapportée un jour parce que tu savais que je l'aimais. Dans les petites crèmes que tu as laissées sur la tablette de la salle de bain car elles refusaient de rentrer dans ta valise...
Mein Liebe Lena, hier soir nous étions comme trois orphelins. Nous avons ouvert ton cadeau tel un coffre aux trésors et vraiment, tes petits messages pour chacun étaient comme des pierres précieuses.
Mein Liebe Lena, comme tu nous laisses riches de souvenirs ! De toi, le nez plongé dans "Madame Bovary", de toi préparant tes inimitables gâteaux au chocolat, de toi jouant "Tears in Heaven" à la guitare, de toi si heureuse de poser au pied de la Tour Eiffel, de toi enfourchant ton vélo pour aller faire le tour de Bretagne : 450 km en une semaine, une folie ! De Lotte et toi faisant les folles sur la plage de Dinard. De nous trois faisant "troïka" devant la télé et pleurant comme des Madeleine à la fin de "Out Of Africa". De toi riant aux blagues d'Eric que tu ne comprenais pas toujours mais qui te faisaient rire quand même.
Mein Liebe Lena, merci d'avoir été une deuxième fille pour nous, merci aussi à tes parents de t'avoir confiée à nous le temps d'une année scolaire, merci de nous avoir fait aimer l'Allemagne (pour qui mon cœur battra dimanche soir alors que tu sais combien je suis attachée à l'Espagne), merci pour ces huit mois qui ont passé comme un rêve ...
Mein Liebe Lena, je suis triste mais je sais que tu fais désormais partie de notre famille et donc, ce n'est qu'un au revoir. Auf Wiedersehen Lena !


jeudi 9 septembre 2004

Le bonheur selon Ikea


Matin blême. Insomnies. Fidèle à ma tisane Bonne Nuit, je suis allongée sur le canapé. Je me saisis d’un de ces catalogues de mobilier qui traînent sur la table basse du salon et je lis : « S’installer confortablement et laisser son esprit vagabonder ». Ca me va. Plus loin, « Réaliser qu’on est heureux et faire plaisir à ceux qu’on aime ». Cette phrase est illustrée d’une photo où l’on voit une jeune et jolie maman qui cuisine pour ses deux petites filles. La plus petite qui doit avoir deux ans, la regarde, la tête posée sur son coude, les yeux éperdus d’amour. Je mesure à travers cette mise en scène fort habile des gens de la pub que le bonheur c’est effectivement ça : aimer, être aimé et faire du bien aux gens qu’on aime. Simple en somme…

Pendant les dernières vacances d’été, j’ai connu ainsi de ces bouffées de bonheur. Quand je respirais le petit cou de bébé de mon filleul Grégoire, huit mois, – par exemple. Ou bien quand nous bavardions ma sœur et moi, sur nos transats devant son hôtel à La Baule, ou encore en Espagne, quand nous nous laissions rouler dans les vagues les enfants et moi. Je repense aussi à ce déjeuner avec Maman à Port Navalo et aussi à ce fou rire que nous avons toutes les deux attrapé sur le bateau pour l’Ile aux Moines. Je pourrais rajouter cette balade du week-end dernier avec Eric et notre toutou sur les bords de la Rance. Des moments d’harmonie, comme suspendus dans l’air, où tout est réussi…

« Faire plaisir à ceux qu’on aime » me fait penser à ma fille dont nous avons fêté les treize ans à Puerto Rey pendant nos vacances en Espagne. Elle avait été déçue de ne pas avoir pu goûter une paella. Le restaurant que nous avions choisi pour son anniversaire demandait pour cela d’en faire la commande par avance et je ne l’avais pas lu sur le menu au moment de réserver. Et bien le week-end dernier, je lui ai fait sa paella. La première de ma vie et, en toute modestie, une réussite. Ses yeux brillaient et elle m’a remerciée dix fois. Alors oui, c’est tellement facile de faire plaisir quand on en est remercié au centuple. Pourquoi s’en priver ?

dimanche 23 mai 2004

Luxe, Calme et Volupté

Dix heures du matin. BrB vient de partir en promenade avec Toutou et moi, je suis allongée dans une chaise longue au bord de la piscine couverte de l’hôtel. J’ai de la chance, je suis quasiment seule. Le bercement du moteur du jacuzzi, un couple plutôt discret en attente d’un soin, un nageur plus en jambes que les autres qui se prend pour Mark Spitz dans le bassin, seuls viennent troubler mon repos. Pour le reste, tout n’est que Luxe, Calme et Volupté. Pourquoi aller chercher ailleurs une expression qui désigne aussi bien que celle-ci l’ambiance du lieu et du moment ?
Dans cette bulle de verre, il fait chaud presque trop par moment. Dehors, c’est un printemps finistérien typique. Le ciel est d’un bleu limpide, le soleil généreux, les rosiers pas encore au mieux de leur floraison mais déjà s’accrochant aux terrasses. Ne manque que la chaleur, si j’en juge par les tenues des autres car je n’ai pas encore mis le nez dehors.
Une jeune femme traverse le parc, l’air mélancolique, solitaire. Dans un roman de Jane Austen, elle aurait porté capeline et ombrelle. Là, elle est en pantalon, toute de noir vêtue, des chaussures plates aux lunettes. Même son sac à main est noir. Elle paraît jolie. 25-30 ans, cheveux châtains volant au vent, nez en l’air. Elle aussi semble s’imprégner de la beauté de l’endroit. On a envie de lui crier : mais pourquoi tout ce noir ?