Avec l'âge, je deviens philosophe. J'ai appris qu'en Bretagne, quand le beau temps est là, il convient d'en profiter, et vite. Hier matin, BrB m'a fait remarquer que le week-end prochain s'annonçait pluvieux avec une baisse de température avoisinant les 10°. J'ai observé le ciel, bleu, sans un nuage, tâté l'air (24° !) et appliqué sur le champ le vieil adage selon lequel ce qui est pris n'est plus à prendre. Notre "fille allemande" venait juste d'arriver de sa Bavière natale pour passer quelques jours avec nous, et ses yeux ont brillé quand je lui ai exposé notre plan. Nous avons tout lâché, enfilé nos maillots, mis nos serviettes dans le capazo (un de mes lecteurs au moins comprendra) et mis cap vers la mer. Entre Saint-Malo et Cancale, à une encablure de Saint-Coulomb, se niche une plage de rêve. On se croirait en Méditerranée, n'était la température de l'eau. Même si nous sommes sur la Côte d'Emeraude, la Manche y est turquoise (et je ne "galège" pas), le sable blanc ... c'est magnifique ! Comme je suis partageuse, je vous livre mon coin secret (c'est comme pour les champignons, les belles plages, on se les garde...), ça s'appelle La Guimorais. Nous étions mercredi et quelques parents avaient dû poser une RTT pour profiter de l'aubaine. De très jeunes enfants plongeaient et replongeaient en riant aux éclats, à cet âge, ils n'ont jamais froid. Les adultes étaient moins hardis sauf quelques mamies qui faisaient trempette, c'est bon pour la circulation. Lena et moi sommes rentrées dans l'eau jusqu'à la taille mais pas au-dessus, n'exagérons pas. Puis elle s'est barbouillée d'écran (presque) total, moi d'accélérateur de bronzage (sinon j'ai l'air d'une endive quand j'arrive dans le Midi) et nous n'avons plus rien fait pendant deux heures trente. Divin ! Enfin, si, j'ai fait un tiers du mots-croisés du Télérama de la semaine puis je me suis assoupie. Je ne sais pas pour vous, mais pour moi, les sommes sur la plage sont les meilleurs de tous. Après, j'ai lu quelques pages des Poneys sauvages de Michel Déon, que je relis une fois tous les dix ans. En levant le nez de mon bouquin, j'ai regardé la mer azuréenne, je me suis cru un instant à Spetsai dans les îles Saroniques, mais non, j'étais juste à une heure de Rennes, un 3 juin.
Poser son regard
Il y a 1 jour




