lundi 10 décembre 2012

Pinterestez-vous ?

Voilà. J'ai une copine qui commence tous ses mails comme ça : voilà, ou variante, alors voilà. Ça m'amuse toujours, je me revois gamine dans la cour de récré quand on formait un cercle autour d'une camarade qui avait une information de la plus haute importance à nous communiquer. Nous prenions des airs de conspiratrices et buvions les paroles de celle par qui la combine, le scoop ou le potin nous parvenait. Alors voilà. Aujourd'hui, je partage avec vous une grande nouvelle, ma dernière trouvaille, mon hobby du moment : Pinterest.
Dans mon précédent billet, je vous disais que je passais beaucoup de temps sur Facebook mais, comme dans la pub, ça c'était avant. Oui, je sais, que celles et ceux qui sont mes "amis" ne me dénoncent pas, j'y suis encore pas mal. Soit. Mais nettement moins depuis que je n'y suis plus maîtresse chez moi. Depuis quelques semaines en effet, ce réseau social de plus en plus intrusif, me guette et relaie en mon nom des publications sans que je ne lui ai rien demandé. Rédhibitoire. 
Et c'est là que j'ai découvert Pinterest dont l'esprit de partage n'est pas sans me rappeler la blogosphère. Là, ce ne sont pas des billets d'humeur, des chroniques du quotidien, des compte-rendus d'expositions, non, ce sont des images : coups de cœur pour un artiste, photos de voyages, nouvelles tendances, vous "épinglez" sur votre tableau, non plus en liège mais virtuel, tout ce qui vous plaît. Et vous partagez. Vous piquez aussi chez les autres et réciproquement, en toute convivialité. 
En découvrant Pinterest, j'ai pensé à elle qui me demandait toujours pourquoi je ne mettais pas plus de photos de voyages sur mon blog, à elle et ses amis dont l'univers me fait toujours rêver, à elle dont j'ai repris un thème chez moi, à elle chez qui j'ai souvent eu envie de m'arrêter ...
Peut-être d'ailleurs, certains d'entre vous sont-ils déjà sur Pinterest ? C'est un peu le sens de ce billet. Alors voilà, faites-moi le grand plaisir de venir me retrouver là. Et qui sait, peut-être ce soir, aurai-je réussi à vous épingler ?

lundi 8 octobre 2012

Facebook m'a tuer

Chers lecteurs fidèles, cher public de passage,
Je prends la parole, une fois n'est pas coutume, pour me plaindre du traitement dont je suis victime de la part de l'auteure de mes jours. Voici quelques mois, celle-ci avait pourtant célébré en grandes pompes mon cinquième anniversaire, et m'avait même donné pour l'occasion un petit frère alors que je n'en demandais pas tant. Et puis, depuis trois mois, plus rien. Je suis devenu une page blanche, un laissé pour compte, un blog en jachère, mes posts restant inexorablement poste restante ...
J'ai mené ma petite enquête car enfin, je la voyais bien du coin de mon écran continuer à taper sur le clavier de son ordinateur voire même à tapoter de manière compulsive sur le modèle réduit qu'elle tient en permanence dans sa main. Pourquoi continuait-elle à écrire partout sauf chez moi ? A force de me dévisser la tête et d'aller voir dans les coins de ce truc qu'on appelle Windows - et qui porte bien son nom -, j'ai fini par repérer mon rival. Cet impudent se nomme Facebook et claironne partout qu'il fédère désormais un milliard d'individus dans le monde, ce qui le placerait en 3è position des pays les plus peuplés de la planète s'il en était un, de pays. Tout ce qu'elle gardait pour moi auparavant, ses sautes d'humeur, ses coups de cœur et ses coups de gueule, ses chroniques d'ici et d'ailleurs, elle préfère maintenant les confier à son "mur". Elle montre ses photos, partage ses trouvailles, rebondit sur son "fil d'actualité", se met en scène dans son "journal", change son "profil" comme de tenue ... et parle en direct ou en différé à des "amis" qu'elle avait perdus de vue pendant des années, ce qui ne semblait pas l'empêcher de vivre jusque là. Mais voilà, elle est toute contente aujourd'hui de les avoir retrouvés par la magie de ce machin qui prétend créer du lien entre des gens qui sont à des milliers de kilomètres les uns des autres. Oui, je suis amer et je sens que je ne peux pas lutter. Il me reste l'espoir qu'un jour elle finisse par se fatiguer et me revienne ... Et encore, j'ai de la chance, elle ne s'est pas mise à gazouiller !

mercredi 27 juin 2012

Prête-moi ta plume

Récemment, j'ai déjeuné avec une blogueuse gastronomique. J'ai rencontré Anne lors d'un petit-déjeuner thématique organisé par mon association de communicants et j'avais bien aimé son "pitch" comme on dit dans les milieux branchouilles. En clair, il s'agit d'expliquer brièvement et de façon percutante l'objectif de son projet. Le sien était : "Répondre à la question existentielle que se posent toutes les mamans : qu'est-ce que je vais bien pouvoir leur faire à manger ?"
Pendant notre déjeuner, elle m'en a dit un peu plus. Quand ses enfants étaient petits, ils avaient un problème alimentaire et c'était un véritable casse-tête pour elle de cuisiner pour eux. Alors elle a commencé par fréquenter les forums de parents connaissant les mêmes difficultés, et de fil en aiguille, elle s'est mise à proposer ses propres recettes.
Son blog, commencé en 2005, reçoit aujourd'hui 17000 visites par jour ! Quand je pense que "A mesure" en totalise 18000 depuis sa création ... (soupir). Il a été élu par ELLE meilleur blog dans la catégorie cuisine en 2008 mais cette reconnaissance ne lui est pas monté à la tête.
Ça m'intéresse toujours de connaître la genèse d'un blog. Je ne crois pas avoir eu l'occasion de raconter ce qui m'a conduite à commencer le mien. Fin 2006, je mettais un terme à l'aventure de ma "petite entreprise" créée dix ans plus tôt. Elle m'avait permis de gagner correctement ma vie et de m'occuper de mes enfants en travaillant de chez moi.
Et puis, la crise (déjà !) avait mis un frein à mes activités. Il devenait de plus en plus dur de fidéliser des clients, j'étais fatiguée de batailler seule, et mes enfants devenus de grands ados avaient un peu moins besoin de ma présence rassurante au quotidien. J'avais alors rencontré un conseiller d'une de ces boîtes privées qui vous accompagnent dans votre "évolution professionnelle".
Sans aucun tact, il m'avait assené : "Madame, vous cumulez trois handicaps, vous travaillez dans un secteur sinistré (sic), la communication, vous avez été indépendante pendant dix ans ce qui va affoler les recruteurs, et - me portant l'estocade - vous avez plus de 45 ans". Puis, disséquant mon CV, il avait ajouté : "Vous dites que vous avez des qualités rédactionnelles avérées, prouvez-le, je ne sais pas moi, écrivez un blog !".

Et voilà comment, un jour de mars 2007, un peu vexée et pour répondre à un goujat qui m'avait défiée, je me suis lancée. Et pour vous, comment tout cela a-t-il commencé ?    

mardi 19 juin 2012

Bernis, son clocher, ses platanes, son député FN

Quand ma grand-mère a quitté l'Algérie en 1962 au moment de l'indépendance, son deuxième mari et elle ont acheté une maison à Bernis dans le Gard. C'était une maison biscornue, au cœur de ce village comme il en existe tant dans le midi de la France, de ceux qui ont l'air de tout le temps faire la sieste à l'ombre des platanes.
J'ai des souvenirs d'enfance et d'adolescence liés à cette maison qui, l'été, parvenait à rester fraîche grâce à l'épaisseur de ses murs. J'entends encore mon grand-père nous crier "La porte !" quand on avait le malheur de la laisser ouverte car il avait une sainte horreur des mouches. Le soir, nous "prenions le frais" sur le pas de la porte. Pour ma grand-mère, ma mère et ma tante, c'était encore un peu "comme là-bas" ...
En 1974, mon frère et moi avions trouvé dans la poche d'une veste de ma grand-mère tous les bulletins de vote des candidats à la présidentielle pour lesquels elle n'avait visiblement pas voté. Parmi eux, ceux d'un certain Jean-Marie Le Pen. C'est avec un certain soulagement que ma jeune conscience politique avait pris note que, contrairement à ses voisines, ma grand-mère ne s'en laissait pas conter par cet affreux borgne raciste et démagogue.
Ses voisines, je ne les aimais pas beaucoup. Certaines venaient du même village d'Algérie qu'elle, d'autres étaient là depuis toujours mais ensemble, elles formaient une sacrée bande de commères. A l'époque, il y avait eu un énorme scandale quand la mère d'une de mes copines du village s'était enfuie avec un Arabe. Je ne sais pas ce qui choquait le plus ces cancanières, que cette mère de quatre enfants ait pu les abandonner ou qu'elle ait jeté l'opprobre sur la communauté pour un moins que rien d'arabe. Racisme ordinaire.
Ma mère et ses frères ont vendu la maison de Bernis à la mort de ma grand-mère en 1998. Je n'y suis jamais retournée. A seulement une dizaine de kilomètres de Nîmes, la commune a poussé comme un champignon pour atteindre 3000 habitants aujourd'hui. Dimanche, la moitié d'entre eux a permis à l'avocat parachuté Gilbert Collard d'entrer à l'assemblée nationale sous l'étiquette hypocrite de Rassemblement Bleu Marine, et d'y porter les "valeurs" nauséabondes du FN. Bernis, je ne te dis pas merci.             

mardi 12 juin 2012

Lieux de mémoire

Récemment, Un carnet dans ma valise a franchi le cap des 1000 pages vues. Débuts timides mais encourageants pour ce nouveau blog commencé voici trois mois. Petit rappel pour ceux qui auraient raté le début, j'ai eu l'idée de cette compilation de souvenirs de voyages à mon retour d'une aventure peu ordinaire.  Fin février, j'ai accompagné un voyage de presse au Tchad dans des circonstances exceptionnelles et j'ai réalisé que si je n'en faisais pas le récit tout de suite, là, à chaud, moi-même j'aurais des doutes plus tard sur la véracité de certaines anecdotes. Poussant ma réflexion un peu plus loin, j'ai pensé à tous ces voyages que j'avais été amenée à faire depuis une trentaine d'années, certains à titre personnel, d'autres dans un cadre professionnel, et pour lesquels j'avais pris des notes dans ces fameux petits carnets que je mettais dans ma valise avant de partir (il m'est arrivé d'en acheter sur place comme au Sri Lanka où j'ai écrit sur du papier fait en bouse d'éléphant séchée !). Et cela a donné ce blog. La démarche peut paraître déconcertante et l'est assurément si j'en juge par le peu de commentaires que je reçois. C'est toujours un peu frustrant de savoir que les visiteurs passent, lisent, en pensent forcément quelque chose mais ne s'expriment pas. Je sais aussi d'expérience qu'un blog doit trouver son public et que plus il est "pointu" plus cela prend du temps. Il se peut aussi qu'il ne présente pas ou peu d'intérêt. Personnellement, il m'arrive aussi d'en lire et de ne pas commenter tout simplement parce que ça ne me parle pas et que je ne vois rien à en dire. C'est aussi une leçon d'humilité que de choisir ce mode d'expression même si d'aucuns y verraient plutôt du nombrilisme. Depuis peu, j'ai découvert les statistiques de fréquentation du blog. C'est amusant de lire la provenance des visiteurs et les mots-clés qui les ont conduits à cette page. Ainsi, sur le Carnet, j'ai eu 109 "clics" russes ce qui me plonge dans un abîme de perplexité. Je n'écris pas en cyrillique et nulle part, je n'y évoque la Russie ! Plus sérieusement, ce qui m'intéresse dans cet exercice, c'est de noter l'évolution  géopolitique d'un pays. Ainsi, en relisant mon carnet syrien de 1995, ai-je été frappée de voir que la plupart des germes de l'horreur de la situation actuelle en Syrie étaient déjà là en filigrane. Au fond, peu importe qu'un blog soit lu ou pas, commenté ou non, l'essentiel n'est-il pas qu'il conserve une part de notre mémoire collective ?    

mardi 29 mai 2012

Ne manquez pas le prochain épisode (II)

Comme je l'écrivais dans mon précédent billet, je pense que le moment où il est devenu très chic de suivre une série télé a coïncidé avec l'arrivée de Friends. Même Télérama était dithyrambique, c'est dire. Je n'étais pas vraiment dans la cible selon les publicitaires, puisque déjà jeune maman, mais cette histoire de 6 colocs trentenaires de Manhattan m'était plutôt sympathique même si les rires en boîte me tapaient un peu sur le système. Pendant quoi, 10 ans ? - nous avons vécu en symbiose avec Phoebe la foldingue, Rachel la fille à papa immature, Monica la-première-de-la-classe (qui annonçait déjà Bree van de Kamp), Ross le bonnet de nuit, Chandler le roi des vannes vaseuses et Joey, le neuneu si drôle. Curieux phénomène que cette série qui a fédéré les générations à tel point que ma fille en connaît aujourd'hui les répliques par cœur.  Puis, il y eut les dimanches soirs en famille devant Urgences à ne rater sous aucun prétexte. J'ai néanmoins lâché au bout de quelques saisons, les personnages principaux abandonnant le Cook County les uns après les autres, il me semble me souvenir que je suis restée fidèle jusqu’au départ de John Carter. J'ai néanmoins eu l'immense plaisir de retrouver depuis une vieille amie perdue de vue quelque 10 ans plus tôt. Toujours à Chicago, Carol Hattaway a perdu ses cheveux frisés et ses improbables bonnets, et a troqué sa blouse rose d'infirmière contre des Louboutin et des tailleurs-pantalons. Elle est devenue Alicia Florris une avocate quadra à la classe folle qui ne veut plus être juste une "Good Wife" (son mari, un procureur à l'éthique douteuse est l'ex-Mister Big de Sex and the City mais je m'égare...). La grande affaire de cette décennie, c'est bien sûr Desperate Housewives dont le dernier épisode vient d'être diffusé. Comme dans la chanson, nous avons toutes en nous quelque chose de Bree, Lynette, Susan et Gaby. Il va falloir maintenant apprendre à vivre sans elles. Heureusement, nous avons Mad Men, encore un OVNI du Paf, qui en plus a le mérite de nous ramener à ces années 60 de notre enfance. Ainsi, de Delphine Nadal à Don Draper, on peut dire que la boucle est bouclée ...   

Ne manquez pas le prochain épisode (I)

Comme sûrement beaucoup de petites filles de ma génération, j'ai voulu faire de la danse classique pour ressembler à Delphine, le petit rat de l'Opéra de l'Age Heureux. J'imaginais que le danseur étoile me choisirait comme coryphée contre l'avis de mon professeur de quadrille pour danser dans Coppelia. En fait, je n'avais aucun talent et je n'ai pas poursuivi au-delà de trois ans mais j'ai été durablement marquée par cette première expérience de téléspectatrice assidue. Autre souvenir de cette époque, l'inénarrable Thierry la Fronde qui comme chacun sait était un imbécile avec sa fronde en matière plastique qu'il avait acheté à Prisunic. Bon, ça c'était plutôt pour les garçons mais j'aimais bien quand même, surtout la belle Isabelle (la maman de Zabou). Je me rappelle aussi que si on avait fini ses devoirs le mercredi soir parce qu'il n'y avait pas classe le lendemain, on avait le droit de regarder Daktari, avec Clarence le lion qui louchait et la guenon Judy, sans parler des médecins de brousse en shorts et chaussettes montantes des plus sexy. Autre grand moment dont plus personne à part moi ne doit se souvenir, "Les 7 de l'escalier 15" (à moins que ce ne soit l'inverse), une histoire de voisins dans une cité qui ressemblait à la nôtre. Mon frère et moi avons essayé en vain de communiquer avec nos copains via le vide-ordures, ça n'a jamais marché. Quand j'étais petite, la télé était en noir et blanc, il n'y avait que l'ORTF et deux chaînes, et on parlait de feuilletons, pas encore de séries. Il arrivait que la qualité soit au rendez-vous, comme avec "Jacquou le croquant", "L'homme du Picardie" ou "Les Rois Maudits". Je ne lisais pas encore Druon mais je me souviens encore de la voix tonitruante de Jean Piat quand son personnage traitait Mahaut d'Artois, sa tante, de "gueuse". On apprenait l'histoire de France en même temps que ces histoires de Templiers, c'était pratique. Dans les années 1980 ont déboulé les séries américaines mais c'était ringard de dire qu'on était accro à Dallas ou à Dynastie. Ce que je n'étais pas, je m'empresse de le rajouter. Curieusement, les séries ont retrouvé leurs lettres de noblesse dans la décennie suivante avec l'arrivée de Friends.
[A suivre ... ]

mardi 24 avril 2012

20 ans de magie

Quelques jours avant l'ouverture officielle d'Eurodisney - ça ne s'appelait pas encore Disneyland Paris - je reçus à titre professionnel une invitation à une visite en avant-première. C'était le 7 avril 1992, il y a 20 ans donc. J'habitais alors au Perreux-sur-Marne et je partis de bon matin dans la direction opposée de mon trajet habituel. A peine descendue du RER A dans la toute nouvelle gare de Marne-La-Vallée-Chessy, inaugurée pour l'occasion, que je remarquais des familles entières qui se dirigeaient vers l'entrée du site. Pas une seconde, je n'avais imaginé que je pouvais faire profiter un des miens de cette aubaine. Pour moi, c'était une journée réservée aux professionnels et la visite serait guidée et commentée par les pros du marketing et de la com qui m'y avait conviée. En fait, c'était une journée "portes ouvertes", tout simplement. Après m'être signalée auprès des organisateurs, je reçus de la part d'une dame tout à fait charmante le feu vert que j'attendais pour revenir accompagnée de mon petit garçon. Au contraire, me dit-elle fort à propos, les enfants sont les bienvenus au Royaume de Mickey ! Je repris donc le RER en sens inverse et arrivai sur les coups de 10 heures à l'école maternelle où était scolarisé mon fils. J'attendis l'heure de la récréation pour aller demander à la directrice l'autorisation de l'emmener avec moi. Je revois encore sa joie, non seulement de quitter l'école avec sa maman un jour de classe mais en plus pour aller à Eurodisney, le roi n'était pas son cousin ! Je reprenais donc pour la troisième fois la même ligne mais cette fois avec mon petit bonhomme qui me pressait de questions. Nous n'avons manqué aucune des attractions proposées par le Magic Kingdom, et comme nous faisions partis des "happy few" de cette avant-première, nous n'avons pas eu à faire la queue trop longtemps. Je me souviens qu'il avait apprécié particulièrement Pirates des Caraïbes, l'attraction qui a inspiré la saga au cinéma que nous sommes allés plus tard découvrir en famille. Je le revois encore à califourchon sur le fut d'un canon, ses billes noires brillantes d'excitation, se pressant les joues dans ses menottes comme s'il n'en croyait pas ses yeux, savourant avec gourmandise le spectacle qu'il découvrait tout autour de lui. Nous avons eu l'occasion de retourner à Disneyland par la suite mais de cette première journée, je garde pour toujours le souvenir de l'émerveillement d'un petit garçon de trois ans ...

mardi 6 mars 2012

5 ans déjà !

Ce blog a 5 ans aujourd'hui. Même si certains billets antidatés le font paraître plus vieux, je l'ai réellement commencé le 6 mars 2007. J'en profite donc pour remercier mes lecteurs fidèles et de passage, ceux qui commentent et ceux qui ne le font pas mais dont je sais qu'ils me lisent régulièrement. Je l'ai voulu confidentiel, afin de préserver ma liberté de dire ce que je pensais tout en veillant à ne blesser personne. Un billet ou deux ont été mal reçus et j'ai préféré les retirer, c'est un souvenir douloureux sur lequel je ne reviendrai pas. C'est de ce jour que j'ai décidé de modérer les commentaires mais il n'y en a eu vraiment qu'un ou deux que j'aie dû censurer, le plus souvent parce qu'ils étaient anonymes et n'apportaient rien au débat. Pour fêter les 5 ans de mon blog, j'ai décidé de lui offrir ... un petit frère ! Cela faisait longtemps que je pensais à compiler tous les carnets de voyages que je garde dans une malle depuis des années et relis de temps en temps. Le chantier est vaste, je vais m'y consacrer petit à petit. J'ai commencé hier par le récit de mon dernier voyage, une véritable expédition qui m'a conduite la semaine passée dans le nord du Tchad. Je vous invite donc à suivre "Un carnet dans ma valise" si le cœur vous en dit. Voilà, j'espère que mes deux "enfants" s'entendront bien et ne se disputeront pas trop la vedette. Et je fais le vœu que la petite poule noire vagabonde et celle qui préfère rester picorer dans sa cour continueront à vous faire un petit peu rêver ...   

mercredi 15 février 2012

Nostalgérie (3)

Une fois n'est pas coutume, je vais emprunter les mots d'une autre pour raconter ma propre histoire. Josette C. est de la même génération que ma mère et a vécu sa jeunesse dans le même village d'Algérie qu'elle. Pendant un récent séjour chez mes parents, j'ai lu son livre de souvenirs et j'ai recopié - non sans une certaine nostalgie - les passages où elle parlait de ma famille. Ainsi, à propos de la librairie que tenait ma grand-mère Irène : "Souvent durant ma promenade, mes pas me portaient vers la librairie de Madame Sanchez située sur le Boulevard National. Sa boutique était le palais des mirages de mon adolescence. Avant la rentrée des classes, nous allions avec quelques camarades contempler les trésors qui s'y trouvaient : les plumiers en bois à compartiments au couvercle orné de paysages, les premiers stylo-billes "Bic", les taille-crayons de différentes formes qui récupéraient les copeaux, les ardoises magiques qui s’effaçaient sans éponge, et enfin les cahiers Gallia ou Clairefontaine qui nous accompagnaient toute l'année scolaire avec au verso, les tables de multiplication. Nous prenions plaisir à caresser la première page avant de la noircir ou la bleuir avec les fameuses plumes Gauloise ou Sergent Major".
Témoignage encore plus précieux à mes yeux, Josette évoque mon arrière-grand-mère, l'abuela, que je n'ai pas connue, une maîtresse femme selon la légende familiale. "Maman avait acheté au village des étoffes chez Madame Navarro et Monsieur Elbaz, négociants en tissus [...]. Habituellement, une fois les tissus choisis, notre couturière, Tia Remedios, venait à la maison pour confectionner nos tenues mais l'âge faisant, elle fut remplacée par une autre personne qui était très habile pour coudre et faire les finitions des vêtements, mais nettement moins douée pour la coupe et l'essayage." Plus loin, elle parle d'un de mes "oncles" (en fait un cousin  par alliance de Maman) en ces termes : "En cours de chemin, je récupérais mon amie Lydia Diaz, puis nous partions pour l'école. En passant devant l'atelier de ferronnerie de son père, une gerbe d'étincelles jaillissait de la forge, éclairant par là-même son frère aîné Albert d'une auréole irréelle et magique."
Voilà, ce sont des petites tranches de vie, d'une vie simple aujourd'hui disparue mais quelle chance pour moi d'en avoir eu un petit aperçu. Merci infiniment Josette pour cet inestimable cadeau.
Sur la photo, ma grand-mère, ma mère et mon oncle dans la fameuse librairie qui faisait aussi office de bureau de tabac et "dépôt Hachette".

vendredi 3 février 2012

De ma fenêtre

 
Cher public adoré, comme disait Desproges, je vous ai un peu négligé ces derniers temps. D'aucun(e)s se sont ému(e)s de ce silence, ce qui fait forcément plaisir. La raison en est fort simple, je travaillais. Je ne vais pas me plaindre, après tout, c'est le lot de presque tout le monde, à part 10% de chômeurs et quelques bienheureux baby boomers qui ont la chance d'être à la retraite (et surtout de pouvoir la toucher). Je profite donc d'une petite fenêtre pour poster ces quelques lignes. En parlant de fenêtre, comme vous le voyez, Savannah adore jouer les concierges depuis celle de notre beau bureau tout neuf. Nécessité faisant loi, je me suis finalement accommodée de ma situation, à savoir retravailler de chez moi. Nous avons profité des ponts du mois de novembre et des vacances de Noël pour transformer deux petites chambres d'enfants en un grand bureau. Quand on n'a pas trop le moral, s'atteler à des travaux manuels c'est fou le bien que cela procure ! Casser un mur même si ce n'est que du placo, jouissif ! Remonter une cloison dans une vieille maison où tout est de guingois, téméraire ! Décider de tout recouvrir de lambris, fastidieux ! Le BA 13 n'a plus de secret pour moi, pas plus que le mandrin ou le fil à plomb. J'ai gagné mes galons d'arpette et mon homme, son casque de chef de chantier. Mais le jeu en valait la chandelle, j'ai un cadre de travail agréable, une belle pièce claire et confortable, de la place pour m'étaler et l'énorme avantage par ces jours de grands froids de pouvoir rester bien au chaud. Globalement, j'ai l'impression que les conditions de travail se dégradent autour de moi. Une de mes anciennes collègues m'a sollicitée récemment pour un témoignage. Elle a été licenciée pour faute grave sous un faux prétexte d'une manière très violente. Un huissier est venu saisir son ordinateur portable et elle a eu une demi-heure pour rendre ses clés et son mobile avant de se retrouver hors de la boîte pour laquelle elle s'était donnée sans compter ... pendant six ans.  Mon cousin, la cinquantaine bien sonnée, en est au 5ème ou 6ème plan social de sa PME rachetée par une multinationale. On leur enjoint à lui et à ses collègues de faire comme si de rien n'était, de rester mo-ti-vés alors qu'à chaque fois, ils se demandent qui va se retrouver dans la prochaine charrette. Les 93 ouvrières de Lejaby (une excellente marque de soutien-gorges à laquelle personnellement j'étais fidèle...) ont eu de la chance dans leur malheur, voir leur combat devenir une cause nationale grâce à la campagne présidentielle. Mais pour les autres, les Contis, les Sea France, les Motorola de Rennes, pas de quartiers ! Au fond, j'aime mieux encore ma petite entreprise. En espérant qu'elle ne connaîtra pas la crise.

lundi 9 janvier 2012

Ah mon beau château

Depuis un peu plus d'un mois, j'écris des textes pour un site institutionnel de tourisme. Mon terrain d'action : les châteaux viticoles du Bordelais. Je m'empresse d'ajouter que je ne me déplace pas, hélas, mon voyage est surtout virtuel. Je fais des recherches sur les sites des propriétés - quand ils existent - dans les guides touristiques ou je lis des revues spécialisées. Je n'écris pas pour le Parker, mes connaissances œnologiques sont bien trop sommaires, non, je dois juste rédiger une douzaine de lignes pour donner à l'internaute l'envie d'aller voir sur place. Cela dit, j'apprends plein de choses et comme je vis dans la seule ville au monde dont le nom est associé au vin, ça tombe plutôt bien. Aux beaux jours, je compte bien aller sur place vérifier ce que j'ai raconté. Savez-vous que le nom de château est réservé au Bordeaux ? Ce qui crée souvent un malentendu. Pour quelques vrais châteaux, au sens architectural du mot, qui datent du temps où les anglais vendangeaient l'Aquitaine, c'est-à-dire pendant trois siècles avant qu'ils ne soient boutés hors de France, la plupart ne sont que des exploitations vinicoles. Au début du XVIIIe siècle est apparue la "chartreuse", une sorte de maison de campagne au milieu d'un vignoble, qui est à l'Aquitaine ce que la "bastide" est à la Provence ou la "folie" à l'Ile de France. Toujours basses, souvent en pierres blanches, avec des toits de tuile ou d'ardoise, certaines sont ravissantes surtout quand elles sont entourées d'élégants jardins à la française et cernées par les vignes. Depuis peu, de grands architectes contemporains s'intéressent aussi aux châteaux et il n'est pas rare qu'une sorte de vaisseau futuriste émerge du vignoble. Ricardo Bofill a créé un chai octogonal à l'allure de cathédrale au château Lafite-Rothschild tandis que Christian de Portzamparc a dessiné à Cheval-Blanc un chai qui me fait penser à une énorme vague sur l'océan. Mais en dehors de l'aspect architectural, il est une chose qui me passionne dans ce travail, c'est le côté humain. Raconter de belles histoires de familles, parler de ces vignerons passionnés qui se transmettent de génération en génération - jusqu'à 8 parfois ! - leur amour du vin et le goût du travail bien fait, j'adore ça. Parfois, la demeure n'a aucun intérêt, le château n'a de château que le nom, le vin n'est ni un grand cru classé ni un grand cru bourgeois mais c'est vers ces gens que j'ai envie d'aller, juste parce que ce que leur philosophie de la vie me plaît ...