vendredi 24 octobre 2008

Com sabor de vida

Très délicat de parler d'un sujet qui me tient tout particulièrement à coeur sans tomber dans les bons sentiments mâtinés d'un "regardez comme je suis bonne et généreuse". Pourtant, j'ai décidé de prendre ce risque. Aujourd'hui était un jour gris et solitaire et ce n'est pas la lecture des journaux ni des blogs qui avaient de quoi me rendre le sourire. Et puis voilà qu'au courrier, j'apprends que l'association dont je suis membre depuis presque 15 ans vient de mettre son site en ligne. Je m'y précipite et découvre une galerie de photos au milieu de laquelle je reconnais ma filleule, Helena, et son sourire éclatant que j'ai eu envie de vous faire partager. Helena est une petite fille Brésilienne de bientôt 11 ans, elle vit dans le Minas Gerais avec ses parents et sa soeur et sa scolarité est possible grâce à Esperanza. Elle m'écrit des lettres magnifiques et m'envoie de beaux dessins pleins de soleils, de fleurs et de papillons. Pourtant, sa vie n'est pas facile et, si jeune, les épreuves ne lui ont pas été épargnées. En mai, elle m'écrivait "Chère marraine, je t'écris une triste nouvelle. [...] mon petit frère vient de décéder suite à une maladie : l'hémophilie. Nous avions fait beaucoup de plans, surtout mes parents qui voulaient tellement un petit garçon..." Etonnant, cette maturité chez une enfant si petite, non ? Helena est ma troisième filleule. Avant elle, il y a eu Fabricio mais peu de temps car sa famille a quitté la région et encore avant, Marcio. Lui, je l'ai vu grandir au fil des années sur les photos que l'association m'envoyait tous les ans. D'un gamin timide et chétif de 9 ans, je l'ai vu se transformer en un beau jeune homme de 18 ans qui m'écrivait des messages d'amour. Nous nous sommes perdus de vue mais je sais qu'il a un métier et qu'il est devenu un homme bien, désireux d'aider les autres comme il avait été aidé. Je pense souvent à lui et je suis sûre qu'au-delà des continents et du temps qui passe, lui non plus n'a pas oublié sa marraine Française. Mais ce que je voulais dire avec ce billet, sans être sûre d'y être vraiment parvenue, c'est que plus que ce que nous apportons à ces enfants en soutenant leur scolarité, l'important c'est ce qu'eux ont à nous donner : une immense leçon de vie. Helena finit toutes ses lettres par "abraços et beijos com sabor de vida". Et c'est peut-être cela qui nous manque le plus dans nos vies privilégiées, se rappeler la saveur de la vie.

11 commentaires:

La Femme coupée en deux a dit…

"abraços et beijos com sabor de vida"...
Quelle jolie expression...et quel beau sourire si plein de vie...

Satsuki a dit…

Quand Jan est né, on avait décidé de parrainer un enfant par le biais d'une association comme Esperanza. Et puis, et puis… on a eu tellement de choses à faire que ce projet est un peu passé à l'as. Ton billet nous redonne l'envie !

B a dit…

Sur le sujet je te recommande : " About Schmidt" de Alexander Payne avec un Nicholson au meilleur de son art....

rêver au sud a dit…

Merci merci pour ce magnifique message, pour cette leçon de vie et d'espérance !
Le sourire d'Héléna est une lumière.
Bisous tendresse.
Marie-Ange

Homosapiens a dit…

De mon côté, Taïrou, petit togolais, tente de se débattre avec ses devoirs...

heure-bleue a dit…

Je voulais donner des cours aux enfants d'émigrés et finalement je ne trouve jamais le temps, la Merveille, son père et son grand père me laissent peu de temps...

LiliLajeunebergere a dit…

J'ai parrainé des enfants aussi, par 2 fois, avec une autre association. Je n'ai plus les moyens actuellement...
Ce qui me dérange malgré tout, c'est que c'est la faute de nos gouvernements si une grande partie de la population mondiale vit si mal. On voit bien aujourd'hui avec les folles sommes débloquées pour les banques, changer le sort de ces populations est totalement faisable... Et nous, tout ce qu'on peut faire, c'est mettre un pansement sur une blessure béante. Les assoc, c'est la bonne conscience du gouvernement, mais dans un monde juste, elles ne devraient pas exister.
Enfin... Il faut mieux faire "quand même" que ne rien faire...
Bravo à toi, et je te souhaite encore une longue correspondance avec ta filleule :-)

leslie a dit…

la photo est vraiment magnifique

lakevio a dit…

Quel magnifique sourire !
Bravo pour cette action généreuse. Je comprends tout à fait ton intention; j'avais une amie, malheureusement décédée qui parrainait une petite indienne et son village.
Goûter les petites choses de la vie est essentiel à la sérénité. Cela ressource. Savoir recevoir est un don !

PS :en réponse à ton com chez moi : je suis aussi fille de militaire, j'ai vibré aux marches militaires des défilés quand j'étais enfant. Mon fils a toujours été l'artiste de la famille (guitariste et photographe) et c'est lui qui un jour a choisi de faire un immense plaisir à son grand-père et à son oncle qui l'a parrainé lors de cette cérémonie.

A bientôt.

lakevio a dit…

Oups ! Ce n'était pas le bon lien... mais pas du tout, du tout !...
Voici le bon !
http://lakevio.canalblog.com/archives/2008/01/26/7702026.html
Merci d'effacer le premier !

Ppn a dit…

- À la femme coupée en deux : n’est-ce pas que c’est joli ?
- A Satsuki : pour moi aussi, c’était ça l’idée de départ, faire comprendre à mes enfants que d’autres ont moins de chance qu’eux. D’ailleurs, mes premiers filleuls avaient leur âge. Si l’aventure te tente, tu peux te rapprocher d’Esperanza les yeux fermés. Le président fondateur est un ancien collègue, chef d’escale chez KLM, et ils sont très sérieux.
- A B.: oui j’avais entendu parler de ce film.
- A Marie-Ange : merci pour Helena.
- A Homosapiens : ça ne m’étonne pas de toi.
- A Heure-Bleue : c’est aussi un de mes projets mais je manque de temps.
- A Lili : tu as mille fois raison mais même si c’est une goutte d’eau dans la mer, je suis contente de le faire tant que j’en ai les moyens.
- A Leslie : n’est-ce pas ?!
- A Lakevio : je ne me sens au fond égoïste, on reçoit tellement plus qu’on ne donne !