lundi 15 juin 2009

My Dearest Ms Austen

Permettez-moi, Miss, de m'adresser à vous comme à une amie tant il me semble vous connaître, vous dont on sait si peu de choses. Curieusement, je vous ai découverte tardivement, dans un avion survolant l'Atlantique. Je lisais avec délice un livre d'un écrivain beaucoup plus jeune que vous, David Lodge. Votre compatriote mais non contemporain faisait échanger leur poste à deux universitaires, l'un typiquement britannique et l'autre californien jusqu'à la caricature, le temps d'une année scolaire. Leur seul point commun : être spécialistes de votre œuvre, Miss. Vous avoir lue n'était pas un pré-requis pour apprécier la trilogie sur le sujet de D. Lodge mais passer à côté eut été dommage, en ce qui me concerne. Car dès le premier de vos romans que je choisis de lire, "Emma", je devins une fan. J'enchaînai avec "Raisons et Sentiments", "Orgueil et Préjugés", "Mansfield Park", "Northanger Abbaye", "Lady Susan" (un court ouvrage que votre éditeur français a opportunément ressorti récemment) et mon préféré, "Persuasion", publié par votre frère après votre disparition prématurée. Votre œuvre, malheureusement trop brève, Miss, a été régulièrement adaptée au cinéma et à la télévision, deux médias dont malgré votre imagination alerte, vous n'auriez pu rêver. Bref, pour la fête des mères, ma fille m'a offert l'adaptation de "Pride and Prejudice" par la BBC, une institution presqu'aussi fameuse que vous outre-manche. En six épisodes de 50 minutes, je puis vous assurer que votre prose est respectée à la lettre. Et, last but not least, on y découvre dans le rôle de Darcy, Colin Firth, un jeune homme dont la description que vous faites de Mr Darcy, "fine person, handsome features, noble mien" semble avoir été écrite pour lui. Le hasard faisant bien les choses, nous avons passé le dernier week-end dans la propriété d'amis très chers (pas dans le Derbyshire, dommage, mais dans une belle région tout de même) dont la maîtresse de maison, anglophile distinguée, possédait une vieille édition de "Pride and Prejudice". Ne vous ayant jamais lue dans le texte, je la lui ai donc empruntée. Quelle merveille de découvrir votre œuvre dans sa version originelle, Miss ! Je tenais à vous l'écrire et vous en remercier. Yours ever.
PS : Ma fille Charlotte qui vous apprécie énormément elle aussi, aimerait savoir pourquoi dans vos romans les personnes qui portent son prénom sont toujours aussi sottes.

15 commentaires:

Miss B.W.P a dit…

Les romans d'Austeen, c'est toute ma jeunesse. Ensuite Emma Thompson a donné une réalité, une image, un personnage, un corps à Elinor. So british.

La propriété ? Arrête ce n'est jamais qu'un ferme rénovée avec des champs autour...

tu lis trop de romans anglais toi ;-)

Lovely Week-end indeed !

Marie-Ange a dit…

Moi c'était plutôt Les soeurs Brontë ...
Ah "Les Hauts de Hurlevent", "Jane Eyre" la lande recouverte de bruyères, les Cornouailles, qu'est ce que j'ai pu rêver !
J'ai découvert Jane Austen avec le film "Raison et Sentiments", je me le repasse de temps en temps ... je l'adore !
Bisous nostalgiques ...
Marie-Ange

bricol-girl a dit…

Ah toi aussi dans le fan club, je ne m'en lasse pas et vais tout de suite relire ton billet.
dans le même style il y a "Laura Willowes" de Sylvia Townsend Warner.
212 pages austeniennes.

incertaine a dit…

J'aime beaucoup la tournure de ta lettre, tout à fait dans le style de Miss Austen.
Je ne sais pourquoi l'œuvre très particulière de Jane Austen a été un temps négligée du grand public, seulement appréciée de quelques anglophiles avertis. Je suis heureuse de voir qu'elle retrouve une belle notoriété.
Pour ma part, j'ai toujours beaucoup aimé "orgueil et préjugés" et "persuasion" et je me suis récemment offert quelques un de ses ouvrages dans la collection 10/18, pour le plaisir de les relire ... et aussi parce que je trouvais très réussies les couvertures de cette édition !

Satsuki a dit…

On ne saurait mieux dire. Quand je pense que tous les miens ont disparu dans un déménagement… avec mes David Lodge ! Quant au feuilleton de la BBC, j'en suis fan ! Je le préfère aux films (même si j'aime bien le "Raison et sentiments" d'Ang Lee). Seul bémol : la mère, qui en fait vraiment des tonnes. C'est rigolo au début mais après 6 épisodes, ça lasse.

Bricol girl, je note tout de suite "Laura Willowes" !

Ppn a dit…

- A Mab, moi aussi, je note Laura Willowes !
- A Satsuki, d'accord avec toi, la voix stridente de Mrs Bennet et ses "nerfs" finissent par taper sur les nôtres !
- A Miss Bi-DoubleU-Pi, j'ai voulu traduire "estate" littéralement ;)
- A Marie-Ange, j'aime beaucoup Les Hauts de Hurlevent aussi. Ah le beau Heathcliff ...
- A Incertaine, je vois que j'ai affaire à une connaisseuse...

heure-bleue a dit…

Si tu ne la connais pas, tu vas adorer Barbar Pym...

Ppn a dit…

- Heure-bleue, je suis allée sur Wikipedia, elle a beaucoup écrit. Tu me conseillerais quoi ?

Sara a dit…

Je dois être la seule à ne pas avoir lu ses oeuvres ni avoir lu ses films. Il faudrait peut-être que je m'y mette.

Sara a dit…

Vu ses films, c'est mieux. Enfin, ce ne sont pas ses films, vu que ce n'est pas elle qui les a tournés, mais on se comprend :-D

heure-bleue a dit…

Le quatuor d'automne, c'est pas le plus gai...

Ppn a dit…

Merci !

lakevio a dit…

J'ai découvert Jane Austen fort tard, grâce à une amie et j'ai adoré ! Un point de plus en commun! Mais... tu ne vas pas le croire... mon père (1902 - 1982) était aussi militaire de carrière !!!!...

Pascale a dit…

Quelle coïncidence, je suis en train de tous les relire un par un... et j'en ai discuté ce matin avec une fan... c'est notre "comfort read" à toutes les deux. J'ai juste un bémol sur Persuasion, dont je trouve la fin un brin décevante, mais je ne me lasse pas de lire et relire tous les autres, surtout Pride and Prejudice. Ah, Mr Collins, quel personnage !
Décidément, Marie, nous avons de jolis points communs...

Ppn a dit…

- A Sara, on peut vivre sans connaître Jane Austen mais si tu la découvres suite à ce billet, tant mieux !
- A Lakevio, les filles de militaires s'attireraient-elles ?
- A Pascale, je me doutais qu'une anglophile comme toi devait aussi l'aimer. Ah ! Mr Collins, ce mélange de fatuité et de dévotion servile...