vendredi 25 juillet 2008

Cent fois sur le métier...

Le week-end dernier, BrB et moi sommes retournés au Festival Photo Peuple & Nature de La Gacilly. Ce charmant petit bourg du Morbihan doit sûrement être l'un des 10000 coins de Bretagne à bénéficier d'un microclimat car, si l'on en croit la revue Chasseur d'Images, c'est le seul festival de photos en France qui se déroule entièrement ... dehors !
"La pluie ? Nous, on n'a pô ça ici." Comme nous sommes malgré tout des gens prudents, nous avions vérifié la météo avant de partir et, même s'il ne faisait pas très chaud, le temps était suffisamment beau pour apprécier les superbes photos dans leur écrin de verdure. C'est aussi la seule expo où nous pouvions emmener Toutou qui, truffe au vent, avait l'air d'apprécier.
Cette année cependant, la foule était différente de celle de notre précédente virée. Nous étions en juillet et les touristes semblaient tous s'être donné rendez-vous dans ce petit coin de Bretagne intérieure. L'Argoat faisait la nique à l'Armor, si vous me pardonnez l'expression, ses plages ne faisant pas recette en ces temps de météo capricieuse. Visiblement, l'expo photo c'était juste la cerise sur le gâteau. Ce n'était pas elle qui avait attiré les foules mais les atouts intrinsèques de cette jolie cité de carte postale. Vous enleviez les photos et vous pouviez très bien vous imaginer à Dinan, Guérande, Provins, St Guilhem-le-Désert, Gordes, Conques ou Les Baux de Provence, bref tous ces beaux villages de France dont les touristes hexagonaux ou étrangers raffolent, l'été venu. Savez-vous à quoi on les reconnaît ? Pas seulement à leurs maisons à colombage, à leurs rues pavées, à leurs spectacles de rues, non. A leurs boutiques d'artisanat ! Savonniers, enlumineurs, souffleurs de verre, potiers, mosaïstes, calligraphes, tous ces métiers d'art qu'on trouve inévitablement dans nos beaux villages me plongent à chaque fois dans un abîme de perplexité. Cette survivance de vieux métiers médiévaux n'est-elle pas anachronique au 21è siècle ? Une fois ôté le côté folklorique, qui cela peut-il attirer à part quelques néo-babas ? Et surtout, en cette période de bourses plates, comment arrivent-ils à vivre de leur art ? Avant de partir en vacances, je soumets à votre réflexion mon marronnier de l'été...

5 commentaires:

Pascale a dit…

Tu oublies que c'est aussi le fief de Yves Rocher... Ca peut aider à conserver une atmosphère toute particulière à ce petit coin hors du temps. Bonnes vacances !

Ppn a dit…

Non Pascale, je n'oublie pas d'autant que le Président de cette édition du Festival photo n'est autre qu'Auguste Coudray, Directeur de la Fondation Yves Rocher. Toi qui n'habites pas loin, vas-y si tu as l'occasion. Bonnes vacances à toi aussi !

karmara a dit…

Ils ont peut-être des subventions. Et dans le cas de La Gacilly, émanant du privé et donc du groupe Yves Rocher.

Le mécénat est en train de prendre une place prépondérante sur la scène artistique française. Et souvent, à très bon escient.

heure-bleue a dit…

Je vais mettre un bémol, ils font comme tout le monde, ils survivent en attendant des jours meilleurs...

Ppn a dit…

Karmara, je suis d'accord avec toi, c'est une volonté des régions et peut-être des hautes instances du tourisme et de la culture de faire vivre ce patrimoine, d'où les subventions publiques ou privées. Mais heure-bleue a raison, les temps doivent être durs aussi pour eux...