mercredi 15 avril 2009

Ce qui se conçoit bien

Hier, dans ma boîte mail, un message aussi laconique que lapidaire de ma fille : "J'ai perdu mon portable, ne t'acharne pas à m'appeler". D'abord, un peu vexée la mère car enfin, depuis jeudi dernier qu'elle est partie en vacances, je n'ai pas cherché à la joindre une seule fois et je ne pense pas être du genre à harceler mes enfants au téléphone. Et puis, je réfléchis. Zuzu a un vocabulaire bien à elle, assez riche pour une ado de 17 ans, pour autant que je puisse en juger en toute objectivité, mais elle utilise souvent un mot pour un autre. Peut-être en réaction envers moi qui, depuis qu'ils sont tout petits, serine à mes enfants : ce qui se conçoit bien s'énonce clairement. Faisant mienne cette citation de Boileau (et les mots pour le dire arrivent aisément), je l'avoue, je suis une maniaque du mot idoine, de l'expression ad-hoc. Je ne parle même pas de l'orthographe. Il m'arrive de me relever la nuit pour remplacer un mot par un autre s'il ne traduit pas exactement ma pensée. Si, dans la sphère privée ou professionnelle, je dois utiliser une carte de correspondance, je vais la déchirer si j'ai fait une rature ou si la tournure d'une phrase ne me convient pas. Je n'envoie pas un message sans l'avoir relu une ou deux fois et rien ne m'irrite davantage que d'en recevoir un bourré de fautes de grammaire ou de syntaxe et avec une ponctuation aléatoire. En fait, je suis une amoureuse du français, c'est une langue tellement riche que je trouve dommage de l'appauvrir ou de ne pas en exploiter toutes les possibilités. J'entendais l'autre jour à la radio Jean d'Ormesson évoquer le dernier opus de sa collection sur les grands textes de la littérature. Avec sa voix reconnaissable entre mille et son phrasé gourmand, il parlait avec délectation de la langue de Molière. A la journaliste qui lui demandait si les personnages de Molière étaient toujours actuels, il a cité pour le confirmer, "Les femmes savantes". J'ai adoré cette pièce quand j'étais au collège. A ma manière, je pense en être une. Enfin, à trop défendre ce combat qui me semble parfois d'arrière-garde, il ne faudrait pas que je tourne à la précieuse ridicule...

PS : Un qui partage cet amour des mots, c'est BrB. D'aucuns l'auront peut-être noté mais nous avons commencé un blog à quatre mains. Nous avions juste oublié d'autoriser les commentaires, ce qu'une femme savante avisée vient de nous signaler. Voilà, c'est fait.

8 commentaires:

Marie-Ange a dit…

Tu recommences un blog ?
Alors je lui souhaite une longue et belle vie remplie de jolis mots, de commentaires réfléchis, d'échanges amicaux.
Que cette partition à quatre mains soit le début d'une belle aventure ...
Je t'embrasse Marie et parce que j'aime les livres et les mots, l'orthographe, je te
suis ... mais pas que pour celà bien sûr, pour l'amitié aussi !!!
Je t'embrasse.
Marie-Ange

bricol-girl a dit…

Il faut vraiment aimer les mots pour avoir 2 blogs, j'ai remarqué hier la naissance du blog à 2.

heure-bleue a dit…

Tu te régalerais avec le Goût des autres, c'est un puriste...Notre fils est presque aussi pénible que lui..

B a dit…

Si ce post n'avait pas été signé, je te l'aurais attribué. Il te ressemble.

PS: merci d'avoir activé les commentaires ;-)

RPS: je suis restée sur ma faim hier soir ;-)

RRPS: Quelle belle journée ;-)

Homo Sapiens a dit…

Nul n'est parfait ;o) Ma mère avait le goût des mots. Cette femme qui travaillait de longues heures sur les marchés, s'arrachait les cheveux quand mon père et moi écrivions... Elle avait conservé une lettre de mon père, abondamment corrigée par ses soins...

le-gout-des-autres a dit…

Combien ont lu "L'art poétique"... Hmmm ?

La Femme coupée en deux a dit…

Ah oui, bien sûr, rien ne m'irrite autant qu'un mauvais usage de la langue, qu'il soit orthographique, grammatical ou syntaxique. Mais comme je pense me tromper parfois (sauf sur l'orthographe...une vraie maniaque), je pardonne volontiers. Sauf le langage sms...

Chasse Spleen a dit…

tou ta fé dacor. Yen a mar des fote de françé et d'ortograf.

Le frère(profession: accordeur de participes.)