lundi 9 février 2009

Motus et bouche cousue

Franchement, je me trouve héroïque de venir ici alors qu'il me reste exactement 100 pages pour finir L'homme du lac, le dernier Arnaldur Indridason. Si vous n'avez jamais rien lu de cet auteur islandais, ni La Cité des jarres ni surtout, La Femme en vert, alors courez vite combler cette lacune ! C'est tout à fait le genre de bouquin qui se dévore au coin du feu ou, à défaut, sous la couette quand la météo vous annonce des vents de 100 à 120 km/heure comme c'est le cas chez nous ce soir. Ce n'est pourtant pas une critique littéraire que je me propose de faire partager - d'autres font ça beaucoup mieux que moi - mais une réflexion sur la liberté d'expression. Diantre ! J'en vois un qui rigole, comme chantait Baschung avant son spleen. En fait, télescopage des sujets de "ma" semaine (à moins que rien ne soit dû au hasard, le débat reste ouvert...), j'ai commencé le livre précité le soir même où j'ai vu une étonnante émission sur Arte. Il s'agissait d'un documentaire allemand intitulé Radio Free Europe et sous-titré La guerre des ondes. Et là, je n'ai pas honte de l'avouer, j'ai découvert une réalité que j'ignorais, l'existence d'émissions de radio clandestines en sept langues diffusées depuis Munich en direction de l'ancien bloc de l'Est, de 1950 à la fin de la guerre froide. Evidemment, la CIA était derrière ce projet de proposer une autre voix que celle du Parti à 70 millions d'auditeurs potentiels mais elle a eu l'intelligence (sans jeu de mots) de laisser des journalistes originaires de ces pays faire le travail. Radio Free Europe a fait entendre un autre son de cloche lors des principaux événements de ces quarante années, du soulèvement réprimé de la Hongrie à la chute du Mur de Berlin, en passant par le Printemps de Prague, Solidarnosc et Tchernobyl. Plus étonnant, pendant le tremblement de terre de Bucarest en 77, elle a permis de rassurer des familles passées à l'Ouest quant au sort de leurs proches restés en Roumanie alors que Ceausescu pratiquait le black-out total. Le livre d'Indridason évoque cette surveillance paranoïaque exercée par un régime supposé faire le bonheur du peuple. A le lire, je mesure la chance que nous avons de vivre dans un pays où l'on peut s'exprimer, râler, protester, railler, sans risquer d'être dénoncé par son voisin. La liberté est un bien précieux, sachons la savourer. En 2009, Radio Free Europe émet toujours. Aujourd'hui, ses ondes se propagent vers l'Afghanistan, l'Arménie, l'Iran, l'Irak, la Russie...

7 commentaires:

rêver au sud a dit…

C'est bien de savoir que les petites voix de la liberté donnent de l'espérance aux hommes désespérés.
Comme une certaine B.B.C dans les années 40 ...
Je vais chercher tes livres ...
Je t'embrasse et te souhaite une très belle soirée.
Marie-Ange

bricol-girl a dit…

J'ai lu et aimé La femme en vert, je vais lire celui dont tu parles, quant à l'émission sur Arte je regrette de l'avoir loupée.

karmara a dit…

J'avais eu connaissance de cette Radio Freeu Europe, dans le cadre de mes études d'allemand. Il me semble même que j'ai eu l'occasion de visiter ses locaux, mais le souvenir est plus que vague...

J'abonde dans ton sens et j'y songe souvent quand je vois nos intellectuels scandalisés par tel ou tel évènement faire des effets de manche. Je me demande s'ils auraient autant de courage s'ils étaient chinois, birmans ou iraniens.

Brigitte a dit…

Je ne connais pas cet auteur, dommage qu'on ne puisse pas se prêter des bouquins , la culture est vachement chère !

heure-bleue a dit…

J'ai lu la Cité des Jarres, j'en ai lu un autre, je ne déteste pas mais c'est pas un adhésion franche...

rêver au sud a dit…

La jalousie est un vilain défaut, mais je suis sûre que c'est pour rire (clin d'oeil) !!!
Bisous rieurs.
Marie-Ange

rêver au sud a dit…

C'était juste pour le plaisir de te poster un petit com !
Bisous doux du soir.
Marie-Ange