lundi 20 octobre 2008

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Passées les premières minutes de curiosité pipolesque (ainsi donc c'est lui, Monsieur quatre consonnes et trois voyelles ?), je dois avouer que j'ai suivi avec délices la leçon de philo de Raphaël E. sur Arte, dimanche. Entre parenthèses, vous en avez eu des profs comme ça, vous en terminale ? Le mien s'appelait Paoli, il me faisait l'effet d'un poussah immuable derrière son bureau et ne s'intéressait qu'au rang "potable" de ses élèves dont j'avais l'insigne honneur de faire partie. Mais revenons à nos moutons. Le thème du jour était le pouvoir. Ce cher Raphaël déambulait quelque part dans Paris (5è ou 6è, je présume, à Pigalle, c'aurait eu moins de classe), citant Pascal ("Tout pouvoir est basé sur une usurpation"), La Boétie ("C'est l'opinion qui fait le tyran") ou Tocqueville. Deuxième parenthèse : le monsieur sur le tableau que j'ai choisi pour illustrer ce billet, c'est lui, Alexis de Tocqueville (1805-1859), célèbre pour son "De la démocratie en Amérique". Explication plus pragmatique que philosophique : je lui trouve un petit air de ressemblance avec notre promeneur-philosophe et lui au moins ne viendra pas me faire un procès à propos de son droit à l'image. Selon le principe de cette demi-heure dominicale que nous octroie généreusement Arte, un ou une spécialiste du sujet rejoint notre mentor pour une discussion qui, si elle semble à bâtons rompus, est en fait très bien construite. Dimanche, c'était le tour de Céline Spector, normalienne et agrégée de philo. Je vous livre quelques moments forts : disserter des signes de la représentation du pouvoir en montrant Nicolas Sarkozy, fraîchement élu Président de la République, en short sur le perron de l'Elysée avant son jogging matinal (contraste saisissant avec l'huissier en queue de pie à côté sur la photo...), il fallait le faire ! Je décode : nous sommes en démocratie représentative et le Président joue la proximité avec ses concitoyens. A l'inverse, Fidel Castro malade et en survêtement n'a plus les attributs du pouvoir totalitaire qu'il incarnait (le treillis et la casquette du Lider Maximo). "Que reste-t-il du pouvoir quand il n'y a plus de sceptre ? - Un homme comme les autres, un homme nu." Autre exemple : le fameux tableau de Louis XIV illustre ce que le philosophe appelle le "double corps du roi", son corps charnel (rappelez-vous le très seyant collant moulant) et le corps en majesté représenté justement par le sceptre. Voilà, c'est le genre d'émission où vous vous sentez moins bête après qu'avant. Juste un détail : si vous vous demandez comment Carla B. a pu préférer ce cher Nicolas S. (quatre consonnes et trois voyelles aussi) au beau et intelligent Raphaël E., j'ai peut-être une idée... L'attrait du pouvoir ?

9 commentaires:

La Femme coupée en deux a dit…

Certainement l'attrait du pouvoir... je ne vois pas autre chose.

La Femme coupée en deux a dit…

Ou bien il lui fallait absolument quelqu'un qui soit beaucoup moins intelligent qu'elle ??

Brigitte a dit…

Si c'est une grande collectionneuse , gare à la chute du pouvoir !

bricol-girl a dit…

Arte nous gâte avec des moments comme celui-ci. L'habit faisant le moine mon petit-fils aîné, voyant le leader maximo à la télé demande dans quel club il joue?

rêver au sud a dit…

Et l'instinct protecteur et maternel des femmes ?
Y ' a pas que la Beauté dans la Vie !
Quoique le pouvoir ...
Bisous.
Marie-Ange

Homosapiens a dit…

J'aurais rêvé faire de la philo tout court... quand j'entends mes enfants pester "A quoi ça sert?" gggrrrrr :o)

B a dit…

http://www.marianne2.fr/Soeur-Emmanuelle-n-aimait-pas-Carla-Bruni-Sarkozy_a92494.html

j'ai pensé à toi en lisant cela !

Pascale a dit…

Je ne connais de Raphaël E. que la voix, je regrette tout à coup de ne pas avoir une télévision branchée sur les ondes !

Ppn a dit…

A tous : je vois que ma question de la fin n'a pas manqué de vous interpeller...
Mab : ton petit fils m'a bien fait rire avec sa réflexion sur Fidel Castro !
Homosapiens : moi aussi ça me désole que ma fille qui est en terminale L. ne s'intéresse pas plus à la philo. Elle n'a même pas voulu voir cette émission...
B. : très savoureux en effet l'interview de Soeur Emmanuelle.
A Pascale : tu n'as pas la télé ? Parfois, ça vaut le coup tu sais.