dimanche 13 juillet 2008

Chic, c'est Chic !

Je revendique haut et fort le droit à la futilité. Si j'achète un Elle ou un Gala en vue de farniente, je le parcours, parfois je le lis, et je l'oublie aussitôt. C'est comme une ardoise magique ou des pas sur le sable...
Quand je séjournais aux États-Unis, j'avais découvert une émission que j'adorais regarder. Elle s'appelait "E!" (comme Entertainment mais à prononcer iii ! genre groupie hystérique de Tokio Hotel). C'était composé de minis-reportages sur les stars, on apprenait tout de la vie et de la carrière de Julia Roberts, Jennifer Aniston ou Uma Thurman, pas-sion-nant, je vous dis. L'été dernier, alors que je passais quelques jours chez ma sœur qui est câblée (dans les deux sens du terme), j'ai regardé la même émission en VF cette fois, en faisant mon repassage avec, à mes côtés, mes trois neveux de 12, 7 et 3 ans tout aussi scotchés que moi ...
Dans le même esprit, je raffole d'une émission tout aussi futile quoique plus instructive, de la très sérieuse chaîne Arte. Evidemment, elle passe à des heures où on est censé travailler et justement, je l'ai découverte pendant mes mois d'inactivité. Vendredi, je ne déjeunais pas avec mes copines, je n'avais pas de Midi-Musée (c'est les vacances !), je me suis fait un petit plaisir, une demi-heure de Chic, en buvant mon café. Le pied ! D'abord, le générique est original, la présentatrice qui répond au joli prénom d'Eglantine est mignonne comme un cœur, façon Audrey Hepburn dans Breakfast at Tiffany, elle est pétillante, toujours habillée super "Chic" et elle s'exprime bien, ce qui ne gâte rien. Quant au contenu, c'est superficiel juste ce qu'il faut, on y apprend la "véritable histoire" du sac Kelly ou de la Chupa Chups, on suit les tendances des nouveaux designers à Madrid, Berlin, Londres ou Bruxelles, et un-jeune-chef-très-doué nous explique comment réaliser un soufflé à l'Earl Grey ou un sorbet à la bière. So chic ! Voilà, c'est ma récré à moi et j'assume parfaitement mes goûts de midinette comme dit BrB que tout cela horripile. D'ailleurs, entre nous, seules le filles peuvent comprendre, non ?
PS : Je vous ai mis l'eau à la bouche, allez, je suis partageuse : c'est là.

jeudi 10 juillet 2008

La faute à Erwan

Le week-end dernier, c'était notre anniversaire de mariage, pas n'importe lequel, le dixième. Aussi, BrB et moi avions décidé de marquer le coup et de retourner dans un endroit que nous apprécions beaucoup et que j'ai déjà évoqué là. De fait, nous n'avons une fois de plus pas été déçus. Le coin est l'un des plus beaux de Bretagne, l'hôtel est élégant et plein de charme sans être snob, le personnel à la fois discret et attentionné, la cuisine excellente sans être trop gastronomique. Bref, un sans faute. Cerise sur le gâteau, pas d'enfants excités à courir dans les couloirs. C'est la politique de la maison, les chères têtes blondes sont tolérées mais pas forcément bienvenues. Certains jeunes couples y trouvent à redire mais c'est plutôt bien assumé par la Direction. En tout cas, nous qui sommes de relativement jeunes mariés mais avec des grands enfants, on apprécie...
Question météo, on a été plutôt gâtés. Si vendredi et dimanche ont apporté leur lot d'averses, samedi a été ensoleillé et nous a permis de déambuler dans les rues de Morlaix ou de nous la jouer chabadabada avec notre Toutou sur la plage de Primel-Tregastel. So, où est le problème ? Oh, trois fois rien, c'est juste que nous étions début juillet, qu'il faisait 18° dehors, 15° dans l'eau (je n'y ai pas trempé un orteil, mais les rares baigneurs étaient en combinaison de plongée !) et qu'à défaut de robe dos-nu, je portais un élégant ciré, des bottes et un chapeau de pluie huilé. Fin août, cela fera 11 ans que nous sommes arrivés en Bretagne, et je ne m'y fais toujours pas. Dix mois de l'année, je ne me plains pas, mais quand fin juin arrive, j'enrage. C'est quand l'été ? Récemment, j'ai eu un début d'explication. Tout ça, c'est la faute de cette tête de mule d'Erwan !

Démonstration :

On dit que les bretons sont têtus. J'ai, je crois, l'explication la plus logique. Tout a commencé quand les premiers hommes sont arrivés en Bretagne.

breton1bis

- Ça pue ici, il pleut tout le temps, on se barre ?
- Non, on est ici on reste.
- Grrrui ! ("ça craint" en cochon)

breton2

- Attends, il parait que plus bas, y a tous les jours du soleil,
des filles en maillot de bain, du champagne et j'en passe!

breton3

- M'en fous, j'y suis, j'y reste.

breton4

- Arrête, on va se cailler ici, on va déprimer, on va boire, et on aura l'air de gros cons avec des K.ways et des bottes toute l'année !

breton5

- M'en fous.

breton6

- Moi, je me casse mais réfléchis Erwan, tu vas faire chier
des générations et des générations en peuplant par ici.

breton7

- Tant mieux !

breton8

- Toi tu restes avec moi.

Voilà, c'est cohérent.


Merci à Leslie pour cet emprunt.



mardi 8 juillet 2008

Ex Libris

"When I get a little money I buy books ;
and if any is left I buy food and clothes" (Erasmus)

Bibliothécaire comme ma copine d'enfance Florence qui me fait l'amitié de venir lire ce blog de temps en temps, ou libraire comme Heure Bleue, j'aurais adoré. Comme j'étais plutôt littéraire, ça aurait pu se faire mais bon, je n'y ai pas pensé sur le moment et personne n'a eu l'idée de me le proposer. L'orientation ce n'est pas une sinécure de nos jours mais à mon époque, n'en parlons pas...
Il se trouve que BrB aime autant lire que moi, tout matheux qu'il soit. J'ouvre une parenthèse, BrB c'est mon mari, ou Éric pour les habitués, mais depuis qu'il surfe dans la blogosphère, il revendique un pseudo lui aussi. Dont acte. BrB, donc, qui aurait pu faire sienne la devise d'Erasme (quand il part faire les courses, je ne suis pas sûre qu'on aura à manger mais lui est déjà le nez plongé dans son nouveau bouquin...) et moi, avons passé récemment deux jours à quatre pattes à vider les 45 cartons de livres qui dormaient dans la cave depuis septembre. Date à laquelle nous avons déménagé de notre grande maison où tout un pan de mur était occupé par une bibliothèque home made en carreaux de plâtre (jolie mais intransportable) pour notre appartement actuel. Question pépettes, il y avait toujours d'autres priorités et puis, nous voulions prendre notre temps pour trouver un écrin idoine et ad hoc à nos vieux copains.
Bon, pour être honnête, j'ai trouvé ça crevant. Au début, je classais tout bien comme il faut, par taille, auteur, collection, voire les trois ! A la fin, on bouchait les trous. Malgré un tri que nous avions cru drastique au départ, à l'arrivée nous nous sommes retrouvés avec 5 cartons incasables. Choix cornélien, que garder, que donner ? Curieusement, on s'est plutôt débarrassé des bestsellers récents et une fois de plus, on a ressorti de la naphtaline nos vieux Folio des années 80 (les Dos Passos, Steinbeck, Gide, Camus, Sartre et Beauvoir...) et tous les Rougon-Macquart qu'on pourrait pourtant trouver à deux balles du bout chez n'importe quel bouquiniste... Vestiges de nos jeunes années ?