Il m'arrive rarement de commenter une actualité à chaud. La plupart du temps, je préfère me donner un peu de recul. Pourtant, si j'ai décidé de faire exception à cette règle c'est parce que je suis choquée du retour à son poste de Madame La Garde des Sceaux, 5 jours à peine après son accouchement. Nous en discutions en famille hier soir au dîner avec ma fille et mon mari. Celui-ci alléguait que c'était du ressort de sa vie privée et donc, cela ne nous regardait pas. Pas d'accord. Connaître le père de sa fille, oui, cela relève de son intimité et en dehors d'une curiosité normale (je me souviens de Claire Chazal en son temps), elle a le droit à la discrétion. Pour ce qui est de son retour prématuré aux affaires, c'est autre chose. Rachida Dati, depuis qu'elle a été nommée à la Justice se met régulièrement en scène. Elle soigne sa com, comme on dit, et je ne suis pas loin de penser qu'elle sert aussi d'alibi au Président. Femme, brillante, élégante, née d'une famille nombreuse issue de l'immigration, elle n'est pas là par hasard. Comme Rama Yade ou Fadela Amara, elle sert de double caution à ce gouvernement. Or, là, à une époque où l'on nous serine qu'il faut travailler plus pour gagner plus, que nous dit-elle ? Qu'accoucher d'un enfant est aussi banal que de se faire extraire une dent de sagesse ? Que cela ne doit pas nous empêcher de reprendre nos activités professionnelles au plus tôt ? Que, si l'on va plus loin, celles qui prennent un congé maternité légal de 16 semaines, obtenu de haute lutte, sont des tire-au-flanc ? Cette dérive me paraît dangereuse. Déjà il n'est pas rare d'entendre dans certaines soirées ou réunions de bureau : "toutes ces femmes enceintes, ça devient de plus en plus dur à gérer", dit sur un ton volontiers badin. Les françaises font des enfants et sont même à ce titre, les bonnes élèves de l'Europe. Peut-être tout simplement parce que ce congé maternité dont semble faire fi Madame Dati les y incite ? Et au-delà de cette période de repos bien mérité pour toute maman, n'a-t-il pas été voulu surtout pour permettre de créer un lien privilégié et indéfectible entre une mère et son enfant ? Dolto disait que tout se jouait avant 6 ans. Espérons que pour la petite Zohra, tout ne se sera pas joué avant 6 jours...
Le chemin de la vie
Il y a 9 heures

