mardi 13 janvier 2009

2 janvier : penser à accoucher

Il m'arrive rarement de commenter une actualité à chaud. La plupart du temps, je préfère me donner un peu de recul. Pourtant, si j'ai décidé de faire exception à cette règle c'est parce que je suis choquée du retour à son poste de Madame La Garde des Sceaux, 5 jours à peine après son accouchement. Nous en discutions en famille hier soir au dîner avec ma fille et mon mari. Celui-ci alléguait que c'était du ressort de sa vie privée et donc, cela ne nous regardait pas. Pas d'accord. Connaître le père de sa fille, oui, cela relève de son intimité et en dehors d'une curiosité normale (je me souviens de Claire Chazal en son temps), elle a le droit à la discrétion. Pour ce qui est de son retour prématuré aux affaires, c'est autre chose. Rachida Dati, depuis qu'elle a été nommée à la Justice se met régulièrement en scène. Elle soigne sa com, comme on dit, et je ne suis pas loin de penser qu'elle sert aussi d'alibi au Président. Femme, brillante, élégante, née d'une famille nombreuse issue de l'immigration, elle n'est pas là par hasard. Comme Rama Yade ou Fadela Amara, elle sert de double caution à ce gouvernement. Or, là, à une époque où l'on nous serine qu'il faut travailler plus pour gagner plus, que nous dit-elle ? Qu'accoucher d'un enfant est aussi banal que de se faire extraire une dent de sagesse ? Que cela ne doit pas nous empêcher de reprendre nos activités professionnelles au plus tôt ? Que, si l'on va plus loin, celles qui prennent un congé maternité légal de 16 semaines, obtenu de haute lutte, sont des tire-au-flanc ? Cette dérive me paraît dangereuse. Déjà il n'est pas rare d'entendre dans certaines soirées ou réunions de bureau : "toutes ces femmes enceintes, ça devient de plus en plus dur à gérer", dit sur un ton volontiers badin. Les françaises font des enfants et sont même à ce titre, les bonnes élèves de l'Europe. Peut-être tout simplement parce que ce congé maternité dont semble faire fi Madame Dati les y incite ? Et au-delà de cette période de repos bien mérité pour toute maman, n'a-t-il pas été voulu surtout pour permettre de créer un lien privilégié et indéfectible entre une mère et son enfant ? Dolto disait que tout se jouait avant 6 ans. Espérons que pour la petite Zohra, tout ne se sera pas joué avant 6 jours...

vendredi 9 janvier 2009

Clotilde Vautier, tableaux et tabou

Ce début d'année me laisse peu de répit. Démarrage sur les chapeaux de roues, à l'agence où j'essaie de rattraper deux semaines d'absence, comme à la maison où Zuzu est malade depuis mardi. Et pour finir, un vendredi occupée à aller "faire la prof" dans une école de commerce alors que j'aurais préféré lire les posts en retard et répondre aux premiers voeux. Je pare donc au plus pressé. Message à tous ceux et celles qui habitent à Paris, ne manquez à aucun prix l'exposition "Clotilde Vautier, un destin brisé" proposé par la Mairie du 3ème du 16 janvier au 6 février. Et ce, pour des tas de raisons, la première étant que Clotilde Vautier (1939-1968) a laissé en peu de temps quelque 200 dessins et la moitié de tableaux que j'ai eu la chance de voir à Rennes voici quelques années. La plupart d'entre eux ont pour sujets la femme et la maternité, thèmes prémonitoires quand on connait son destin. Ensuite, parce que c'est en évoquant l'histoire de Clotilde Vautier, sa mère, que Mariana Otero a réalisé en 2003 "Histoire d'un secret", un très beau film qui sera projeté pendant l'exposition. Enfin, parce que j'ai une tendresse toute particulière pour Antonio Otero, père de Mariana (et d'Isabel, l'actrice), mari de Clotilde Vautier et lui-même photographe et peintre. Par les hasards de la vie, nous avons acheté il y a une douzaine d'années une maison et avec celle-ci une fresque peinte par lui. J'ai cherché à en savoir plus sur l'artiste et, quand nous avons vendu la maison et réussi à récupérer la fresque, j'ai fait appel à lui pour la restaurer. Il a eu la gentillesse de le faire, sans aucune contrepartie, alors qu'il était atteint d'un début de dégénérescence maculaire. Lui et sa femme Marie-José continuent à perpétuer la mémoire de Clotilde Vautier, artiste très douée, morte prématurément des suites d'un avortement clandestin, sujet encore tabou à l'époque. D'ailleurs, 34 ans après la loi qui porte son nom, Simone Veil devrait être présente au vernissage de l'exposition, le 16. L'invitation m'est parvenue aujourd'hui au courrier. Je ne pourrai pas être à Paris mais peut-être que vous, si ?

samedi 3 janvier 2009

Page blanche

Chaque nouvelle année est une page à écrire. Pour moi, elle l'est doublement. A chaque 1er janvier, j'ai un an de plus. Dix lustres et une breloque, cette fois. Avec autant de lumières, je vais être très sage. L'expérience est une lanterne qui éclaire nos pas. Enfin, devrait. Ces deux dernières semaines ont été si riches que je ne sais pas si j'arriverai à les faire partager. Disons que notre idée de fuir la furie mercantile de Noël était une vraie bonne idée. Notre monde marche sur la tête, nous avons marché sur nos deux pieds. Des paysages à couper le souffle, des gens simples et souriants qui nous ont accueillis chez eux sans façons, de belles rencontres aussi dans notre groupe. Certains de nos compagnons avaient un sac beaucoup plus lourd que le nôtre à porter... Une pensée pour Anna. Je ne sais pas si j'ai trouvé les réponses que je cherchais mais j'ai l'impression que cette parenthèse m'a changée. J'y reviendrai. Le retour à la réalité a été brutal. Une conversation au téléphone avec mon patron m'a laissé entrevoir une année professionnelle qui ne sera pas facile. Et puis, en ces temps de trêve, j'ai guetté le retour du fils prodigue. Il est venu, a passé les fêtes avec ses copains, mais n'a pas trouvé le chemin de la maison... Parfois, mon cœur de mère est si gros que j'ai l'impression que ma poitrine va éclater. Enfin, mon mari était là, fort, rassurant, aimant, et ma fille, raisonnable et pleine de tendresse. J'ai aussi reçu cette année un nombre exceptionnel de messages, mails et textos pour m'aider à passer le cap. Il serait malvenu de me plaindre. Très bonne année 2009 à tous !