samedi 18 juin 2016

Oran 1956

©Mdep – Fonds personnel
Une nuit où j'étais une fois de plus aux prises avec mes insomnies, je tombe par hasard sur un texte qui remue quelque chose au plus profond de moi. Et je ne suis pas la seule. En quelques semaines le billet Guérir à Oran est lu 4000 fois et partagé 400 fois sur un réseau social bien connu*.
Sur sa page, son auteur, Paul, propose tous les soirs un "live" à 19 heures, heure française, 18 heures, heure algérienne, comme il aime à le rappeler à ses fidèles auditeurs qui le suivent des deux côtés de la Méditerranée.
Comme j'ai eu souvent l'occasion de le mentionner ici et ce, très tôt, mon histoire personnelle est très liée à celle de l'Algérie ou du moins de l'Algérie d'avant 1962, celle des "pieds-noirs". En écoutant les émissions de Paul qui, on l'aura compris, est plus particulièrement attaché à la ville d'Oran, j'ai repensé à cette photo.
Ce jour-là, le 14 mars 1956, il y a donc soixante ans, mes parents sont venus de Rio Salado à Oran acheter la bague de fiançailles de Maman. Oran est alors la cinquième ville de France (après Paris, Lyon, Marseille et Alger). Avec ses 286 000 habitants (recensement de 1955) elle est plus peuplée que Bordeaux aujourd'hui !
C'est un photographe de rue qui a photographié mes parents, pour le plus grand amusement des deux hommes au second plan. Un Oranais de l'époque a reconnu les petits pavés carrés au sol et les palmiers et m'a indiqué l’endroit où selon lui la photo avait été prise. Non loin du Boulevard Galliéni et du Martinez, en face duquel se tenaient plusieurs bijouteries,  
De son côté, cette photo en a rappelé  une autre à Paul, celle d'un jeune Yves Saint-Laurent - né le 1er août 1936 à Oran - en compagnie de sa mère et de sa sœur.

C'est émouvant de replonger dans ce passé. La démarche de Paul est intéressante parce que c'est la première fois à ma connaissance qu'on s'intéresse aux traces que cette histoire, souvent douloureuse pour nos parents, a pu laisser chez nous, les générations suivantes.
Que faire de cet héritage ? L'ignorer, le tenir à distance, le cultiver, le chérir ? Je n'ai que ma réponse.

*J'ai décidé de ne plus le mentionner mais chacun le reconnaîtra aisément.

5 commentaires:

D'ors et d'arts a dit…

Beau Billet, belle réflexion. Et quant à la photo, le pas est décidé, les yeux sont brillants !

La petite poule noire a dit…

Merci Nath ! Oui, j'aime beaucoup cette photo qui m'en rappelle un autre, d'un autre jeune couple, sur le remblais à La Baule...
Tu te rends compte qu'ils n'avaient pas encore 22 et 23 ans sur cette photo !

bricol-girl a dit…

Heureuse de te retrouver, j'ai longtemps cliqué chez toi lors de mes visites matinales et puis...
J'ai une photo semblable de mes parents aussi jeunes et beaux prise à Carcassonne.
pour blogspot je suis bricol-girl.
Amitiés
mab

heure-bleue a dit…

On a retrouvé des photos du père du Goût, pied noir, lui aussi, ça fait drôle de le voir petit garçon et de voir les tantes du Goût dans une autre école.
Une des dernières tantes de mon mari vient de mourir à 93 ans, la mémoire de la famille s'éteint.

La petite poule noire a dit…

@Bricol-girl, oui, c'est vrai que j'ai disparu un peu brutalement :/
J'ai consacré beaucoup de temps à mon blog de généalogie basque et du coup, je ne me voyais pas mener les deux de front. J'ai eu tort, finalement je suis assez attachée à A mesure qui aura bientôt 10 ans et qui a continué à être visité même quand je n'écrivais plus rien. Merci de ta fidélité !
@H-b, oui je me souvenais que Le Goût avait des origines pieds-noirs je ne me rappelle plus d'où en revanche. Alger ? Oran ? Constantine ?