vendredi 13 mars 2009

J'ai rendez-vous avec vous

En toute franchise, ces derniers jours j'en avais un peu assez d'écrire mes petits billets et de venir lire ceux des autres. J'ai donc fait une pause. Et puis, tout à coup, il m'est arrivé un drôle de truc. C'était là, comme une évidence, vous me manquiez. L'une d'entre vous - elle se reconnaîtra - écrivait récemment : "Lorsqu'on parle de blogs à des personnes qui ne sont pas du "sérail", on sent bien qu'elles ne comprennent pas et que, limite, elles nous prennent pour des illuminés. Parfois, on se retient de citer ce qu'on a lu dans un blog [...] Difficile de faire entendre que les faits relatés sont aussi dignes d'estime que s'ils avaient été narrés de vive voix par un proche". Moi aussi, je m'étais trouvée une autre famille et après être restée une semaine sans lui rendre visite, j'étais en manque. Inexplicablement, inexorablement en manque. Depuis un an, je suis en effet une vingtaine d'entre vous et, de fil en aiguille, vous m'êtes devenu(e) s plus proches que certains de mes proches. Je ne connais de vous qu'un prénom, parfois juste un mystérieux pseudo, j'ignore où vous habitez, ce que vous faites dans la vie mais j'ai accès à vos joies, à vos peines, à vos déceptions, à vos humeurs, à vos colères. Prenons cette semaine. Aux deux extrémités de la vie, j'ai appris que l'une d'entre vous attendait le bébé de l'espoir tandis qu'une autre veillait sa maman âgée clouée sur un lit d'hôpital. Je me suis réjouie avec telle jeune amie blogueuse qu'elle ait enfin vu sa BD publiée. J'ai lu avec émotion les mots pudiques que telle autre livrait sur une enfance qu'on devinait douloureuse. J'ai souri à la lecture de la dernière provocation d'un homme sage, et j'ai réfléchi à l'éducation que je donnais à mes enfants grâce à deux oisons du square des Batignolles. L'une de vous m'a touchée aux tripes en expliquant comment elle essayait de rendre la mémoire défaillante à sa maman en reconstituant sur un cahier le puzzle de sa vie. Je suis partie en Inde, j'ai lu un magnifique poème anglais qui parlait de jonquilles, des jonquilles peut-être cueillies dans le jardin d'une dame du Sud...
Je partage vos lectures, vos recettes de cuisine, vos coups de cœur sur une exposition, une pièce de théâtre, je ris à vos saillies, je pleure à vos malheurs, j'applaudis à vos coups de gueule. Et ce soir, comme une certaine longue dame brune, j'ai envie de vous dire : je vous remercie de vous.

10 commentaires:

karmara a dit…

Je pense qu'on ressent tous ça... Par moments, on a un trop-plein de blogs, le sien et ceux des autres. Puis l'envie revient et on se remet dans le bain...

J'ai reconnu certains des blogs que tu cites, mais pas tous. On a chacun notre cercle, avec des intersections. Comme les ensembles qu'on étudiait en mathématiques en primaire.

La Femme coupée en deux a dit…

Et réciproquement...merci à toi de lire aussi mes élucubrations...

bricol-girl a dit…

J'ai tous les jours la preuve que cette famille existe réellement et quand une rencontre "pour de vrai" vient couronner les visites quotidiennes, c'est tout simplement formidable. jamais déçue jusqu'à présent.
merci à toi d'être toi.

Brigitte a dit…

Comme c'est bien écrit , pouvoir se livrer et recevoir en retour , c'est chouette les blogs !

Anonyme a dit…

C'est un soir (ou peut-être une nuit ...) que je me suis promenée ici et j'y reviens avec plaisir mais cette fois je laisse une trace pour dire que j'ai aimé la vite. BIZ. BKcine au pays des mogettes

heure-bleue a dit…

Et un jour, tu passes du virtuel au réel et tu es rarement déçue...

lakevio a dit…

Comme dit Heure Bleue, ma voisine, il y a aussi les rencontres!... Je ressens tout ce que tu dis : le ras le bol parce que cela me prend beaucoup de temps et l'irrépressible envie de visiter mes amies de blog, l'incompréhension totale, la méfiance parfois à propos des rencontres sur le net. J'ai cessé d'en parler, je le vis et je nous trouve tous très modernes !
A bientôt donc !

Homo Sapiens a dit…

C'est vrai, la blogosphère est un peu particulière. On y est entre nous. On y est bien! J'ai souvent eu la sensation d'avoir un accès privilégié à une histoire, un peu comme si j'étais tombé sur un journal intime. En tout cas, je ne saurais dire si j'aimerais mieux connaître les blogueurs qui me deviennent familiers. Le temps apportera peut-être une réponse...

rêver au sud a dit…

Je pousse la porte ... doucement ... pour savourer ce billet émouvant et tendre !
Mes rencontres "réelles" ont été jusqu'à présents très jolies ... j'en espère d'autres aussi amicales !
Plein de bonheur en ce premier jour du Printemps.
Bisous tendres.
Marie-Ange

marie-madeleine a dit…

je découvre, je lis, je lis...je reviendrai poursuivre