Le week-end dernier nous étions à Paris. Que nos amis parisiens ne poussent pas tout de suite des cris d'orfraie, ça s'est décidé à la dernière minute, un copain emmenant sa belle en voyage à Prague et nous ayant proposé son appartement, nous l'avons accepté avec empressement. Ce qu'il y a de bien avec les escapades impromptues c'est qu'elles permettent de faire des choses auxquelles on n'a pas eu le temps de se préparer. Ainsi, alors que nous étions sur la route, BrB a appelé son frère qui bosse au service de presse de la salle Pleyel et nous avons eu des places pour le soir même au concert de la Staatskapelle de Berlin dirigée par le vibrionnant Daniel Barenboim. Et cet homme-là, je vous assure, c'est un spectacle à lui tout seul. Ce presque septuagénaire moitié argentin, moitié israélien et détenteur d'un passeport palestinien (!) déborde d'une énergie rare et est d'une générosité incroyable. Au programme du concert, il y avait du Bartok pour commencer et ensuite la 5è symphonie de Tchaïkovski, jouée magistralement par un orchestre très pro dirigé par un chef éblouissant. Je ne suis pas une mélomane avertie loin s'en faut mais là, à un moment précis, lors de l'entrée des cuivres dans le dernier mouvement, je me suis sentie littéralement transportée, parcourue de frissons et les larmes aux yeux. Je crois que ça ne m'était jamais arrivé auparavant un tel choc. Le public de Pleyel est connaisseur en général et a fait une ovation au maître et à ses musiciens qui ont encore joué en prime la Valse Triste de Sibelius et un extrait du Lac des Cygnes. Un régal. Le lendemain, nous avons poursuivi notre week-end culturel avec deux expos photos, André Kertesz au Musée du Jeu de Paume (très bien mais c'était le dernier jour) et le sud-africain David Goldblatt à la Fondation Henri Cartier-Bresson, où nous nous sommes retrouvés nez à nez avec notre amie photographe Henriette dont j'ai déjà parlé ici. C'est un peu comme dans Pagnol, tu as été à Paris et tu n'as pas vu Andolfi ? Et bien nous si ! Il faut le faire quand même... Pour terminer en beauté, dimanche soir nous sommes allés à la Comédie Française qui donnait "Un tramway nommé désir" de Tennessee Williams. Bon, comment dire ? Les acteurs du Français étaient bons évidemment (Eric Ruf en Stanley n'était pas très convaincant mais difficile de passer derrière Brando et son marcel) mais la mise en scène ne m'a pas conquise. Un décor japonais, une moto pétaradant sur scène, un Mitch qui ressemblait à un des barbus de ZZ Top, bref à trop vouloir être original on perd de vue l'œuvre ... et le public. Chose qui ne risque pas d'arriver au Maestro Barenboim !
Quatuor n°15 Beethoven
Il y a 1 jour


