jeudi 9 septembre 2004

Le bonheur selon Ikea


Matin blême. Insomnies. Fidèle à ma tisane Bonne Nuit, je suis allongée sur le canapé. Je me saisis d’un de ces catalogues de mobilier qui traînent sur la table basse du salon et je lis : « S’installer confortablement et laisser son esprit vagabonder ». Ca me va. Plus loin, « Réaliser qu’on est heureux et faire plaisir à ceux qu’on aime ». Cette phrase est illustrée d’une photo où l’on voit une jeune et jolie maman qui cuisine pour ses deux petites filles. La plus petite qui doit avoir deux ans, la regarde, la tête posée sur son coude, les yeux éperdus d’amour. Je mesure à travers cette mise en scène fort habile des gens de la pub que le bonheur c’est effectivement ça : aimer, être aimé et faire du bien aux gens qu’on aime. Simple en somme…
Pendant les dernières vacances d’été, j’ai connu ainsi de ces bouffées de bonheur. Quand je respirais le petit cou de bébé de mon filleul Grégoire, huit mois, – par exemple. Ou bien quand nous bavardions ma sœur et moi, sur nos transats devant son hôtel à La Baule, ou encore en Espagne, quand nous nous laissions rouler dans les vagues les enfants et moi. Je repense aussi à ce déjeuner avec Maman à Port Navalo et aussi à ce fou rire que nous avons toutes les deux attrapé sur le bateau pour l’Ile aux Moines. Je pourrais rajouter cette balade du week-end dernier avec Eric et notre toutou sur les bords de la Rance. Des moments d’harmonie, comme suspendus dans l’air, où tout est réussi…
« Faire plaisir à ceux qu’on aime » me fait penser à ma fille dont nous avons fêté les treize ans à Puerto Rey pendant nos vacances en Espagne. Elle avait été déçue de ne pas avoir pu goûter une paella. Le restaurant que nous avions choisi pour son anniversaire demandait pour cela d’en faire la commande par avance et je ne l’avais pas lu sur le menu au moment de réserver. Et bien le week-end dernier, je lui ai fait sa paella. La première de ma vie et, en toute modestie, une réussite. Ses yeux brillaient et elle m’a remerciée dix fois. Alors oui, c’est tellement facile de faire plaisir quand on en est remercié au centuple. Pourquoi s’en priver ?